‹ Une tragédie d'amour au temps du romantisem; Henri et Charlotte Stieglitz (avec des documents inédits)Chapitre 3 sur 48 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

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et publiée en 1865 par son neveu L. Guitze (1); puis des extraits du journal intime qu'il rédigeait au lendemain même de son veuvage, confidences plus spontanées, moins apprêtées que les précédentes et qui nous seront plus utiles encore (2). Plus récemment on nous a donné quelques communications curieuses de Théodore Mundt, le biographe de Charlotte, à son ami Gustave Kuehne sur le drame auquel il avait été mêlé de façon si intime comme nous le verrons (3). Enfin de précieuses lettres ont été publiées par M. L. Geiger dans un volume de portraits historiques (4) .

Plus encore que par ces sources d'information nouvelles, nous avons été attiré vers un tel sujet par ce qu'il nous parait conserver

(1) Gotha, 1865.

(2) Eriiineriincjcn an Chnrlotte, Marburg, ISG^Î.

(3) Il PiERSO>, Gustuv Kuehne. Dresden uncl Leipzig, 1890, p. 21 et suiv,

(V) DiclUer und Fiancn. Berlin, 1890, j). 2V() cl suiv. (Voir le spirituel mais inexact coinincnlaire inspiré par ce volume à Cherbuliez, Revue tien Deux Mondes, l" décembre 1896).

d'actualité persistante, en dépit de sa date. A notre avis, le dix-neuvième siècle n'a guère cessé de sacrifier dans son inspiration morale à l'illusion romantique la plus tenace et la plus insidieuse. — Sans doute notre génération — que nous avons proposé ailleurs de nommer la cinquième génération romantique — a trouvé des formes nouvelles pour déguiser ses persistantes défaillances morales, en sorte que le Chatterton de Vigny, par exemple, — ce demi-frère d'Henri Stieglitz comme nous le verrons — agace aujourd'hui les spectateurs de rOdéon plus qu'il ne les touche ou les émeut. Mais en revanche tel héros du roman russe, du drame Scandinave ou itaUen, n'a-t-il pas hérité de l'influence qu'exercèrent jadis un Chatterton ou un Antony sur les nerfs du pubhc européen? C'est qu'a y regarder de près il n'y a là qu'un seul et même personnage, le descendant de Saint-Preux, de Werther et de René, qui parle un langage adapté au goût du jour.

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Xous avons exposé ces convictions clans quelques ouvrap^es théoriques. En offrant au public une œuvre nouvelle, délassement de plus austères travaux, nous demandons son attention bienveillante pour un véritable roman vécu, où l'on ne trouvera pas un seul trait qui ne soit emprunté à la réalité, pas une parole qui n'ait passé sur des lèvres vivantes. Les nuances psychologiques en sont subtiles et nous ont paru capables d'attacher les esprits déhcats.

Ajoutons que, grâce à l'assistance de notre excellent collaborateur et ami, M. Frédéric d'Oppeln-Bronikowski, le brillant critique berlinois, nous avons pu tirer des papiers de Varnhagen d'Ense et de ceux du grand Hegel, conservés à la bibliothèque royale de Berlin, quelques documents inédits. Ils nous sei'viront a éclairer çà et là d'une lumière nouvelle, ou du moins plus vive, le front et le geste de nos personnages.

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