CHAPITRE IV TOUCHÉ DE LA FOUDRE
Qu'on se représente maintenant la situation mentale de Stieglitz au lendemain du deuil inopiné qui le frappe : qu'on l'imagine recevant un pareil choc en pleine crise cérébrale, la plus grave qu'il eût traversée de sa vie ! — Tourmenté par sa « Némésis » , il avait certes prévu, redouté, attendu presque la mort de sa compagne, mais une mort naturelle, préparée par la maladie, et tout autre enfin que ce trépas lamentable, déchirant, compromettant même dont il ne paraît pas que le pressentiment ait jamais efHeuré sa pensée. — Nous avons donc bien devant nous, comme il le dira désormais de lui-même, un home frappé de la foudre, et sans doute anéanti sous cette rude atteinte, attonilus? (1)
Mais avant d'apprécier sa conduite en cette
(1) Er. 124.
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circonstance, avantd'examiner le cours ultérieur de sa vie, il est utile de connaitre les dispositions premières de l'opinion à son éj<yard. En effet un hystéro-romantique de son espèce, un candidat perpétuel à l'attention des hommes devait trouver dans ces dispositions du public l'élément principal de ses réflexions et la règle de son attitude — attitude qui présente aux observations du psychologue un des spectacles les plus angoissants tout ensemble et les plus captivants qui se puissent offrir à son regard. Certes, si toute destinée, toute délibération mentale même est en quelque façon unique ici-bas, puisque les composantes n'en sont jamais identiques en deux individus distincts, la situation de 8lieglitz au début de l'année présente cependant à un plus haut degré que toute aulre les caractères de l'exceptionnel et de l'inouï!