II. MONOLOGUE RÉCONFORTANT
Ces derniers commentaires ne se firent entendre publiquement que plus tard et nous avons dit que les premiers jugements de l'opinion furent indulgents aux époux Stie^litz. Revenons à Henri qui, malgré la sympathie dont ses proches et ses amis lui prodig^uent à l'envi les témoig^najjes, traverse, nous l'avons dit, une
AU TEMPS nu ROMANTISME 2!1
épreuve sans seconde au début de l'année 1835. — De profundis (1) ! ce premier verset du psaume funèbre par excellence conviendrait pour caractériser la situation morale de cet homme qui se trouve plongée soudain dans un abime de douleur et, vraisemblablement, de remords ! Du fond de cet abîme s'élève aussitôt chaque jour (pour les lecteurs de son journal intime qui a été publié) (2) sa voix d'homme de lettres, accoutumé à commenter avec lui-même les plus fug-itives impressions de son âme. Accents précieux à recueillir ! On se dirait à l'orée d'un des antres fatidiques où l'antiquité allait, sur les obscurs destins de l'homme, interro/jer les esprits de la terre; et l'on écoute avec ang^oissc, l'oreille attentive, le cœur frissonnant d'une horreur sacrée !