LE CANU
Une fois mariés^ Jirome et Barnadtne retournent à leur métier.
« Cetait un espetacle chermant de voir inarcher notre boutique. Le bruit des contrepoids; le sifflage des navettes, le roulement des rouets et des ordissoirs, le babillage des compagnons, des compagnonnes et des apprentis, le gongonage delà mère Bigalef, tout cà fe* siont une musique agriable. »
Poésie des pauvres gens !
Et Jirome Roquet de chanter à plein gosier :
De sa banquette, I^ Josette me fait de z^yeux Et moi, à mon tour, je li jette D^arregardement délicieux,
De ma banquette !
Sus ma banquette Je suis souvent en revation.
C'est toujours elle, la Josette, Que cause mes perpitations
Sus ma banquette!
Ce sont les temps heureux.
Mais ces temps- là sont de courte dure*e; vient le chômage^ vient la faillite, vient la ruine. Jirome Ro-
quet demeure des journées entières les yeux fixés sur son métier silencieux...
Josette Barnadine pleure auprès d'un nourrisson.
Et puis, un jour, la Josette Barnadine ne s aviset-elle pas de se laisser mourir !
tt Ce coup terrible m*a depontellé, — raconte Jirome, — et laissé une noircissure dans Tâme, que je ne sais plus ce que je n'en deviens ; un sarpent verineux me biche les pormons. »
Il trouve des accents touchants pour décrire Tenterrement de sa femme.
« Nous la fûmes conduire à la Madeleine, comme elle l'avait demande'. Su sa châsse on avait mis une navette, un peigne de cinquante portées, et trente canettes de soie noire pour marquer qu'on était en deuil et qu'elle avait trente ans à l'ami mars. Les maîtresgardes étaient autour du corps, les maîtres ouvriers à la suite. Les compagnons et les cannequiers portiont des battants cassés et des peignes de ti relie tout embrouillés, en marques de chagrin et d'ennui.
» Moi, j'étais à la queue, et quafnd elle fut depesce dans le trancanoir des morts, j'intardis le silence et je disy les chelus tout enn'huilés de larmes : — Adieu,