‹ Une troupe de comédiensChapitre 31 sur 54 · FRANZ DUPONT · texte numérisé non relu

FRANZ DUPONT

Le Salon va fermer.

Il ferme.

Le peintre Franz Dupont a reçu une lettre officielle, par laquelle il est invité. F:v. à retirer son tableau, le n* 40 1 .

Franz Dupont était occupe' dans son atelier à fumer gravement une pipe, lorsque son concierge lui a remis cette lettre large et carrée, au timbre des Musées nationaux.

Il Ta lue négligemment d'abord ; puis il Ta relue, et, entre deux boufTées de tabac, il s'est écrié :

— Impertinents!

Suite du monologue de Fran\ Dupont

— « Impertinents!

» Je ne pensais plus à mon tableau, je ne m'en occupais plus... il était casé... C'était une affaire terminée.

» Vous me dérangez; j'ai une foule d'autres choses en tête. On ne peut donc pas rester tranquille un instant!

» Mon tableau ! J'entends. Est-ce qu'il n'est pas bien là où il est?

» Et lorsqu'il y resterait tout seul, est-ce qu'il ne serait pas encore mieux?...

Mon tableau! Une œuvre supérieure, une des sept ou huit toiles du Salon.

» Exécutée en pleine pâte?

» Le sujet: Une pêcheuse mordue par un crabe.

» On entend crier la jeune fille, on sent la morsure du crabe.

» La vague déferle dans le fond, et l'on entend aussi le bruit àts galets roulés sur la plage. — Une sonorité peinte !

» Le ciel est triste, les nuages sont chagrins. Je l'ai voulu ainsi, afin que tout fût à l'unisson démon drame.

» Aucune trace d'école, aucune réminiscence d'atelier.

» Un Franz Dupont, enfin ! »

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