‹ Une troupe de comédiensChapitre 5 sur 54 · CONVERSATION POLITIQUE · texte numérisé non relu

CONVERSATION POLITIQUE

de s'attendre à une entente unanime. Chaque parti essayera sans doute, dans le commencement, de déplacer à son profit Taxe de la majorité.

Mon Concierge. — Comment dites- vous cela, monsieur?

Moi. — L'axe de la majorité. C'est une phrase que j'ai lue ce matin dans un journal. Au fait, j'aurais eu plus court de dire : la majorité.

Mon Concierge. — Et pensez-vous, monsieur, que la majorité se laisse déplacer comme cela?

Moi. — Je ne le pense pas du tout, père Sandoval. Mais il y aura des pièges tendus. Il faudra se méfier, montrer de la prudence. Connaissez- vous la Muette de Portici ?

Mon Concierge. — Non, monsieur.

Moi. — Alors, la citation que je voulais vous faire est inutile. Donnez-moi ma bougie.

Mon Concierge. — Déjà ! Vous êtes bien pressé d'aller vous coucher.

Moi. — Signe des temps !

Mon Concierge. — Vous m'enchantez en parlant ainsi, monsieur. Nous sommes donc à la tranquillité?

Moi. — En doutiez-vous?

Mon Concierge. — Hé !

Moi. — Concierge de peu de foi ! Allez et suivez mon exemple : dormez sur les deux oreilles.

Mon -Concierge. — Monsieur sait bien que le fait est matériellement impossible.

Moi. — C'est juste, père Sandoval. Allons, à demain.

Mon Concierge. — Encore un mot, monsieur.

Moi. — Deux, pas davantage.

Mon Concierge. — Eh bien! deux... Le Président?

Moi. — Bonsoir, père Sandoval.

Mon Concierge. — Bonsoir, monsieur. {A part. ) Comptez donc sur les journalistes pour avoir des nouvelles ?

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