‹ Une tuerie au XVIe siècleChapitre 13 sur 15 · LES DEUX VEUVES · texte numérisé non relu

LES DEUX VEUVES

dalouse du boulevard Wont-Parnasse, derenjouemcnl sinon delà gaieté, un joli corsage doucement arrondi, quej'essaycrais bien malgré cela d'enfermer dans mes mains, des pieds légers comme les chantent les poètes, une voix qui sait aller au cœur. En voii.î plus qu'il n'en faut pour troubler toute la Normandie.

Elisa et Anna sont de vieilles et fidèles amies éprouvées au feu et à l'eau: elles se voient souvent, elles pleurent ensemble pour se consoler de leur veuvage; madame de Flo*** fait de la musique pour madame H*'*, et madame IV*" fait des aquarelles pour madame de Flo***. La musicienne a beaucoup de talent ; j'ai dans le cœur et sur les lèvres un air ravissaol à propos de cette vieille chanson :

Blanche dormait sur le rivage; Un chevalier passa par là...

La veuve du notaire dessineà merveille, et ce n'est pas là son seul talent: elle s'avise parfois de faire de jolis petits vers malgré son dédain pour les bas-bleus.

Dans ses vers, la rime manque un peu, mais l'esprit et le sentiment ne manquent pas. Que de poêles de nos jours qui ne trouvent que la rime ! Madame H***, qui, avant tout, cherche dans son cœur, trouve d'abord le sentiment; la rime vient quand elle peut. « 11 y a, me disait-elle, deux dictionnaires pour les poètes: le dictionnaire du cœur et le dictionnaire des rimes: quand les poêles ouvrent le second, c'est qu'ils n'ont plus rien dans le premier, ou plutôt c'est qu'ils ne savent pas lire dans le premier. » En dépit de son mari, le notaire, elle est arrivée à l'esprit par le chc-

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