‹ Une Variété de Cirrhose Tuberculeuse La Cirrhose HypoplasiqueChapitre 12 sur 23 · LOVE · texte numérisé non relu

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tionna deux fois en 15 jours ; l’orifice de ponction resta longtemps ouvert laissant couler un liquide éthéré. L’ictère qui reparut ensuite décida la malade à rentrer à Paris pour se faire soigner. | |

Le soir de son entrée à la Pitié, elle était encore lucide ; mais dès la première nuit, elle a commencé à délirer, de sorte que son premier interrogatoire le lendemain matin fut déjà diflicile.

EXAMEN, — La peau présente une teinte jaune foncé un peu verdâtre qui a foncé encore durant les derniers jours. Mais cet ictère ne s'accompagne pas de décoloration des matières fécales. On note une escharre fessière droite très étendue et à évolution progressive ; bientôt apparaît une Fo gauche, puis une escharre scapulaire droite.

Langue sabufrale, puis sèche. Pas de vomissements. Diarrhée, gâtisme. »

Foie difficile à délimiter à cause d’une ascite légère et surtout à cause d’un tympanisme marqué. Circulation collatérale très développée. |

Rate semble volumineuse.

Cœur et poumons ne présentent rien d’anormal. Les urines n'ont pu être examinées ; la malade les perdant dans son lit.

Température : 386, le soir de son entrée ; 37°6 le lendemain matin. Délire :la malade réclame du rhum.

Evolution. — Mise au régime lacté, la malade continue à gâter et à présenter de la diarrhée. Peu à peu elle se met à vomir. $

La température s’abaisse rapidement. Elle est, le 27 août, de 37°2 le matin, de 37°1 le soir. On note successivement le 98 : 37°, 37° ; le 29 : 362, 36°2 ; Le 30 : 35°8, 35°8 ; le 31 : 35°8.

Puis à partir du A+ septembre, en même temps qu'une légère amélioration s’observe caractérisée surtout par une diminution de l'agitation et du délire. La température remonte. Le der: 366, 368 ; le 2 : 364 et 368 ; le 3: 362 et 366 ; le 4: 36° 2, dr lx

A partir du 6 septembre l'état s'aggrave à nouveau et définitivement, le syndrome ictère grave est au complet.

Délire constant, plus marqué la nuit et nécessitant l'emploi

à: di

De ENS

des planches autour du lit. Au matin, on trouvait la malade très prostréc avec respiration stertoseuse et ralentie, et bradycardie. En même temps apparaissent des hémorrhagies : épistaxis, Mngivotagies, ecchymoses multiples à la face, aux membres et à l'abdomen. Il ne semble pas yavoir de moœælena. La température est, le 6 de 37°, 372; le 7, 37'2, 36 8 ; le, 376 led 3614 ; le A0 et le: 11, 37°4 : Le 12, 36°2, 36°4 ; Le 13, 36°.

L'état général s'aggrave considérablement : intolérance gastrique absolue. L'ictère fonce. Coma trente-six heures avant la mort.

Mort le 14. ,

Autopsie. — Le 16 septembre, 3 litres de formol à 10 p. 100 ont été injectés dans l'abdomen sept heures après la mort. Cadavre encore gros, très ballonné, facies violacé et jaunâtre

Poumons. — Adhérences à droite, un petit tubercule crétacé bordé d’anthracose. En un autre point, quelques placards fibreux sans anthracose notable, probablement bacillaires. En avant et en haut, emphysème moyen.

Le lobe inférieur présente de l'æœdème, et les bronches sont emplies de liquide mousseux, fauve... Un peu de congestion.

A gauche, œdème et congestion

Les bords postérieurs des deux poumons sont piqurtés de nombreuses taches hémorrhagiques de Tardieu.

Un petit ganglion trachéo bronchique à gauche, normal à la coupe.

- Cœur : normal.

Thyroïde : 25 grammes ; de belle couleur musculaire, ni scléreuse, ni kystique.

Aorte : Présente quelques placards vers sa bifurcation ; mais elle demeure pas moins dans son ensemble remarquablement

. souple et saine.

Paroi abdominale doublée d’un pannicule adipeux bien conservé ; on recueille 42 litres de liquide : sa couléur est jaune vert sale, un peu trouble. De ces 12 Litres, il faut distraire les 3 d’eau formolée.

Le foie est petit ; il a conservé sa forme, les rapports respectifs de ses lobes. Il mesure en largeur 20 centimètres dont

Gaulier 2

peu 0 er

1% cm. 5 pour le lobe droit ; en auteur, 15 cm. à à droite, 1AFCRTS à gauche ; son poids est de 850 grammes.

La surface est glacée. IL semble qu'on ait recouvert le foie d'une sorte d’enduit porcelainé, gris-lilas, égalisant la surface de l'organe. Par places, l’enduit n’aurait pris et laissé autant de petits trous, au fond desquels apparaît le foie, légèrement granuleux. L’enduit porcelainé est sillonné çà et là de varicosités. Vers le pôle droit, adhérences avec le diaphragme.

La consistance de l’organe est augmentée.

Sur une tranche, le foie présente un aspect granité, très régulier fait d’une grande quantité de petites masses jaune brun, presque au contact. Entre elle, est comme coulée une substance presque translucide, de teinte lilas. :

Par places, cette substance, intéressée en surface, prend l’aspect d’une plage finement réticulée, un peu nacrée, toujours très délicate. Les masses parenchymateuses peuvent çà et là prendre un développement plus marqué, atteindre 3 millimètres de diamètre. En général jaunes. Quelques-unes sont parfois jaune brun, brun foncé, vert, mais c’est l'exception.

Les gros vaisseaux apparaissent très nets sur la surface de section, tranchant sur le granité régulier du parenchyme.A noter l'identité d'aspect du foie, en toute sa partie.

Le hile du foie forme une sorte de colonne épaisse, arrondie qu’on saisit aisément entre les doigts La veine porte aplatie mesure 11 millimètres de largeur, l'artère hépatique a 4 millimètres de largeur. Les voies biliaires ont leur calibre habituel.

Pas de ganglions apparents, du moins à un premier examen,

La vésicule biliaire est pet te, mais déborde le foie ; sa paroi est fortement épaisse et mesure 0 cm.5. Elle contient un peu de liquide brun vert qui s'écoule facilement par le canal cystique.

Rate : mesure 14 X 9 centimètres pèse 145 grammes. La capsule est un peu épaissie. Sa forme est un peu irrégulière, comme tubéreuse par places, sans qu’à la coupe il paraisse y avoir de différence dans Le tissu splénique au niveau des saillies ou entre elles.

Un sillon tend à lobuler la rate, mais ne pénètre pas dans la profondeur, Belle couleur betterave. Consistance ferme.

Les reins sont altérés. Ils mesurent 11,5 X 6 centimètres et

pèsent ensemble 245 grammes. Surcharge graisseuse du bassinet. Capsule adipeuse peu développée. Cortex diminué et bigarré, de couleur fauve. Décortication facile, sauf au niveau des sillons interlobulaires marqués. Après décortication, la surface apparaît mouchetée de petits points noirs, comme si lon avait posé le rein sur du charbon ; probablement taches hémorrhagiques.

Surrénales.— Pèsent ensemble 10 grammes, fermes, non capsulées.La substance médul'aire est nettement fibreuse et gris pâle.

Pancréas. — Enfoui dans la graisse et revêtu de péritoine à doublure scléreuse qui lui adhère intimement : un peu macéré ou digéré. Il est impossible de le débarrasser de sa gangue adipeuse et scléreuse. et partout son poids est difficile à spéci, fier..On peut estimer à 40 ou 50 grammes le poids de substances pancréatique.

Les trompes ont pris l’apparence de véritables tendons filiformes ; les pavillons sont atrophiés, symphysés, Le long des trompes et en dedans, se trouvent des cordons longs de 5 à 6 centimètres, de couleur jaune pâle, extrêmement durs, représentant les ovaires, absolument méconnaissables. A la coupe, on ne trouve plus trace de substance identifiable avec le parénchyme ovarien.

L'utérus est petit, mais son col est béant ; il ne présente rien

d’anormal.

Œsophage. — Normal, pas de varices.

L'estomac. — Contient un liquide clair, mais de teinte sale,

mêlé de filaments noirâtres, assez semblable à de l’eau dont on aurait rincée une tasse de café. Gastrorragie minime.

Le duodenum contient une masse gluante, floconneuse, analogue à du jaune d'œuf cuit, Dans le grêle, à parois épaissie et rétractée, les matières sont jaune d’œuf cuit, elles se dessèchent dans le cœcum où elles deviennent pâteuses.

Ce sont des masses encore molles, mais presque moulées dans le colon descendant. Le rectum est énormément distendu par un amas considérable de matière molles, non moulées, formant un véritable magma couleur jaune d’œuf dur. Pas d’alté-

pl

ration des muqueuses.

La doublure sous-peritonéale est très épaissie,-Pas de gan-

PH ÉO) De

glions apparents, ni de lacis vasculaire marqué. Les appendices épiploïques sont tubéreux, trapus, sessiles.

L'appendice, long de 12 centimètres est mince, mais sans lumière appréciable, comme solide et plaqué contre la face postérieure du cœcum distendu par des gaz, à laquelle il est accolé intimement.

Tout le péritoine pariétal est hérissé çà et là de petites masses polypeuses, sessiles ou pédiculées, dures cartilagineuses, parfois noires, prêtes à se détacher, ou au contraire jaunâtres, plus molles et graisseuses. /

Adhérences du méso-colon transverse gauche let du ligament gastro-splénique épaissi. En somme la péritonite scléreuse l’em- -porte sur la surcharge graisseuse

Le crâne n’a pas été ouvert.

Description histologique des lésions hépatiques

Le foie de D.., est un type de cirrhose hypoparenchymateuse mais profondément modifiée par un épisode terminal à évolution suraiguë. : É

De la cirrhose hypoparenchÿmateuse, on retrouve ici la caractéristique principale, à savoir le faible développement des ilots de néoformation parenchymateuse, d’où le rapprochement des gaïînes glissoniennes et le dessin serré du tissu hépatique, La poussée inflammatoire terminale a d’autre part altéré les différentes formations que nous avons l’habitude de décrire.

Zones de néoformation parenchymateuse. — Toujours peu

développées, sans sinus central.

* L’hyperplasie des cellules n’a pour ainsi dire nulle part pris le type de clivage. Partout elle a pris le type dissociant. Y a-t-il eu au préalable type de clivage, et, à la suite de la poussée inflammatoire terminale traduite cliniquement par le syndrome ictère grave, hyperplasie surajoutée à type dissociant ? Ou ce type a t-il été d'emblée celui de lhyperplasie préalable ? C’est plutôt la première hypothèse que j'admettrais.

Quoiqu'il en soit, nous trouvons ici des cellules hépatiques profondément altérées : altérées dans leurs rapports, puisque désunies, éparpillées, ne formant nulle part de travées ; altérées

D dans leur forme irrégulières, dans leurs dimensions très va-

riables ; ici dépassant la normale, là plus souvent très réduites ; dans leur structure ; le protoplasma est opaque, prenant mal les colorants, se teignant en jaune brun sale par le van Gieson ou.en rose inégal par l'éosine; le noyau est souvent piccrotique ; fréquemment il a disparu. La nécrose éosinophile est très souvent observée. Enfin, en de nombreux points, apparaissent entre les cellules dissociées de volumineux amas pigmentaires : brun foncé, parfois encore contenu dans une lumière intercellulaire distendue, ailleurs isolé en plein parenchyme.

Les capillaires sont peu reconnaissables. Ce sont plutôt des lacunes qui sillonnent irrégulièrement les placards de cellules éparpillées.

: Enfin toutle parenchyme prend un aspect sale, mal coloré, sans réactions spécifiques comme s’il s’agissait d’une pièce mal fixée et déjà altérée Au surplus, il semble que, dès les dernières heures de la vie, des altérations notables s'installent dans les foies ainsi lésés, rendant vaine toute tentative de bonne fixation histologique.

Zones d’atrophie scléreuse. — Ces zones sont notablement épaisses et relativement denses, pauvres en cellules hépatiques Cà et là, quelques cellules isolées, encore méconnaissables, sont lout ce qui reste des anciennes travées.

Entre les fibrilles scléreuses, tassées les unes contre les autres, on note çà et là, quelques néo-canalicules biliaires, clairsemés et très espacés les uns des autres. Sur de grands espacés, ils manquent absolument, et, entre les fibrilles scléreuses, il y a seulement quelques cellules rondes interposées.

: De même que les zones de néoformation parenchyimateuse, ces zones d’atrophie scléreuse se colorent mal et prennent avec les divers colorants une teinte sale, En particulier avec le van Gieson, ces zones sont pour ainsi dire tachées par la fuc sine, qui n’y dessine plus de fines fibrilles bien individualisées. Il semble que le tissu scléreux se soit comme délité et que la couleur ait diffusé dans un tissu en partie liquéfié.

Peu de surchages graisseuses des cellules hépatiques. Pas de pigments ferriques.

Les gaînes glissoniennes sont mal colorées :

Les lésions portent surtout sur l'épithélium des canaux biliai-

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