‹ Une vie agitéeChapitre 9 sur 15 · HM INE VIK · texte numérisé non relu

HM INE VIK

carde, il moula sur nue banquette avec plusieurs de. ses camarades, et, se retournant vers ceux qui escaladaient la barre du parterre pour avancer vers le théâtre :

— Il a, sacrebleu raison! s*écria-t-il, je ne comprends rien à pareil tapage, et je m'oppose à toute escalade, dans l'intérêt de l'ordre, dusse -je mettre le sabre à la main.

Les cabaleurs s'arrêtèrent tout court , montés à demi sur la barre, au bruit des huées du reste de la salle.L'aidedela force armée ramenait Topinion aux artistes.

Fouilleul avait reconnu dans celui qui s'interposait si à propos son condisciple le capitaine Ravel, qui, s'avançant vers -la rampe, au milieu du brouhaha, lui dit :

— Sois tranquille, mauvais sujet, ils n'arriveront pas jusqu'à toi; mais recommence \a pièce à cause de nous.

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Fouilleul, devenu sage à toute extrémité', annonça gravement que l'on allait recommencer, par procédé pour MM. les officiers.

Le parterre s'insurgeait de nouveau, lorsque la jeune et jolie Marie, toute en larmes, cédant aux instances de l'honorable maire de Blois, rentra sur le théâtre et alla vers Fouilleul , le pressant de lui donner la réplique, ce qu'il fit d'assez mauvaise grâce.

Marie fut applaudie avec une espèce de frénésie, au rebours de ces messieurs.

Le capitaine alla dans les coulisses serrer la main de cet enragé de Fouilleul, qui, furieux, voulait défier le public en masse, et chargea son ami d'une commission dont les artistes n'eurent connaissance que le lendemain, un cartel pour C***. Heureusement M. Ravel décida celui-ci a s'éloigner dès le boir uKMiie.

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Foiiilleul triomphant voulait annoncerai!

parterre le départ de son antagoniste, et que la petite troupe continuerait ses représentations. Le maire, de qui la bonté et la tolérance s'étaient lassées, s'y opposa formellement.

— Non, mes chers messieurs, dit-il aux artistes, je ne saurais vous exposer au danger de nouvelles scènes semblables à celleci. Oncqnes ne vis rien de pareil. Sans l'intervention de vos amis les hussards , j'allais sans doute subir un siège, de concert avec vous, car je dois protection même aux fous; mais nous aurions fini par être pris d'assaut et peut-être assommés par mes administrés. Autant mourir autrement et plus tard. \otre mois de séjour est expiré : partez, comme vous en aviez d'abord l'intention, comme vous l'avez annoncé ce soir, et grand bien fasse h la ville de Tours qui va

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avoir le bonheur de vous posséder. Je vous y voudrais déjà rendus, tant il va me falloir de précautions pour qu on vous laisse voyager en paix. On m'a dit que je devrais vous envoyer coucher en prison , mais cela ne vous rendrait certainement pas plus sages. Allez donc, et ne péchez plus, s'il se peut. Au train que vous avez pris, je doute que vous fassiez votre année au théâtre. Peste! vous défiez une salle entière : cela est fier, cela est beau, mais cela n'est pas prudent, et je préfère que vous alliez faire ailleurs de la chevalerie artistique. Si vous êtes gens à écouter un conseil, prenez garde au public avec lequel vous allez avoir affaire à Tours. Ne vous attaquez pas aux dra'^ons de la garnison. Vous devez leur ,être moins sympathiques qu'aux hussards, et défendez bien vos dames, qui sont fort attrayantes, contre le militaire et le civil. Le cavalier est entre*

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