‹ Une vieille seigneurie, Boucherville [microforme]Chapitre 19 sur 90 · MES DERNIÈRES VOLONTEZ · texte numérisé non relu

MES DERNIÈRES VOLONTEZ

‘“ Au nom du Père, du Fils et du St-Esprit :

“Je donne mon âme à Dieu, raon corps à la terre. Je veux mourir dans la foy et religion Catholique,

Apostolique et Romaine. Je laisse le peu de bien

que j'ay à mes pauvres enfans, auxquels je recom-

mande : 1° de prier Dieu pour le repos de mon

âme; 2° d'avoir soin de payer ce qui se trouvera

estre dû lorsque je mourrai ; 3° d'aimer et honorer

leur bonne mère, de ne la chagriner en rien, la sup-

porter et deffendre contre tous ceux qui voudroient

lui faire de la peine. Enfin, rendez-lui les devoirs

de bons enfans et assurez-vous que Dieu vous ré-

compensera. 4° Je vous recommande la paix, l’u-

nion et la concorde entre vous, et que l'intérêt ne

soit jamais capable de mettre la moindre division

entre vous. Ne vous amusez pas à écouter les rap-

{i 1 Nous trouvons ce titre sur le manuscrit que l'honorable C, B. de fl. FH Boucherville a eu l’extrême obligeance de nous prêter, L'Annuaïre | | fl de Ville-Marie (troisième livraison—supplément, p. 385) l’intitule Les l E HE adieux, etc., et donne le titre: Mes dernières volontés, à un autre

! manuscrit de M. Boucher, en date du 6 août 1688. Il avait écrit, en effet, à cette époque, une sorte de testament dans lequel il réglait la conduite que devaient tenir ses enfants, dans le partage de ses biens, s’il lui arrivait de mourir subitement, Lui-même donne à cet écrit le nom de Dernières Volontés : “,,,,..,.. Pour remédier donc à tout, autant que je le puis, je dresse l'acte qui suit, où je déclare mes Der-

à la terre.

‘atholique, eu de bien ; je recom” os de mon se trouvera - et honorer rien, la SUP” i voudroient i les devoirs ieu vous réla paix, l’uintérêt ne ndre division

outer les rap-

honorable C. B. de rèter. L'Annuaure p, 380) l'intitule Les lontés, à Un autre 1 avait écrit, en L lequel il réglait la artage de se8 biens, donne à cet écrit le médier donc à tout, je déclare mes Der-

ports qui vous seront faits de vos frères et sœurs.

Aimez-vous les uns et les autres, le tout dans la vue de Dieu, vous souvenant qu’il faudra tous faire ce que je fais, c'est-à-dire mourir et paraître devant Dieu, pour y rendre compte de vos actions; ne faites donc rien dont vous ayez sujet de vous repentir.

“Je ne vous laisse pas grand bien, mais le peu que je vous laisse est très-bien acquis. J'ai fait ce que j'ay pu pour vous en laisser davautage, je n'ai rien négligé pour cela, n'ayant fait aucune folle dépense, vous le savez tous ; mais Dieu, qui est le maitre, ne m'en a pas voulu donner davantage. Je vous laisse bien des personnes de rang, de distinetion et d’honnêtes gens pour amis ; je ne vous laisse aucun ennemy de ma part, que je sache. J’ay fait ce que j'ay pu pour vivre sans reproche, tâchez de

faire de même. Obligez autant que vous pourrez

nières Volontés ....” Et après avoir enjoint à ses enfants ce qu'il fallait faire, il ajoute : ‘‘ Si quelqu'un de mes enfants, soit fils ou fille, ou gendre, s'oppose à mes dernières volontés, je leur déclare que mon bien est à moy, l'ayant eu d’acquit et non de patrimoine ; ainsi je ne luy donne rien, et je prétends et entends qu'il n'entre dans aucune part de ce que je laisse en mourant; mais que le tout soit partagé entre ceux de mes enfants, qui auront été bien obéissants et qui auront mis en exécution mes dernières volontés, que je leur fais entendre par le présent papier, .. .”

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RS ee dr == . DS. Te

tout le monde et ne désobligez personne, pourvu

que Dieu n’y soit point offensé. Ayez toujours, mes chers Enfans, la crainte du Seigneur devant les yeux et l’aimez de tout votre cœur.

“C’est à vous, MA CHÈRE FEMME, que je parle à présent :

“Continuez d'aimer vos Enfans, mais aimez-les également, corame j'ay fait, pour entretenir la paix et .«a concorde entre eux. Ce n’est pas que ceux qui nous témoignent le plus d'amour et qui ont le plus de respect, sans intérêt, ne méritent que nous les aïmions davantage, mais il ne faut pas que cela paroisse aux yeux des autres ; parce que ceux qui font moins leur devoir envers nous sont les moins vertueux et par conséquent plus capables de troubler la paix. Demandez en particulier à Dieu qu'il récompense ceux qui vous portent le plus de respect, et faites ce que vous pourrez en secret pour le reconnaître. Priez et faites prier pour ma pauvre âme. Vous sçavez combien je vous ai aimée et tous vos parens pour l'amour de vous. En écrivant cecy je m'examine sur le tems que nous avons vécu en-

semble, mais ma conscience ne me reproche rien, si

je, pourvu jours, mes Jevant les

je parle à

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ce n’est de vous avoir trop aimée ; mais en cela je n’y vois pas de mal, grâce au Seigneur.

À Monsieur de Muy.

“Je vous prie, Monsieur, comme un homme d'esprit, de vouloir bien contribuer à maintenir la famille en bonne intelligence. Vous sçavez, Monsieur, que vous m'avez souvent dit, que vous vouliez vivre et mourir mon ami, et que vous m'en donneriez des preuves dans toutes les rencontres. En voicy une occasion. Je sçais qu'il n'appartient qu'à une âme aussy généreuse que la vôtre, de servir un ami après sa mort, c'est quelque chose de grand, puisque c’est le servir sans intérêt. C'est ce que j'attends de votre générosité, et je meurs dans cette confiance que vous travaillerez de tout votre pouvoir à maintenir tous vos beaux-frères et belles-sœurs dans l'union, et que vous ferez tout votre possible pour qu'il n’y ait aucune brouillerie entre eux. Je leur ordonne d’avoir beaucoup de confiance en vous et de déférence pour vos sentiments,

À tous en général.

“Je vous parle à tous, mes chers Enfans. Voulezvous que Dieu vous bénisse ? tenez-vous en paix les

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62 UNE VIEILLE SFRIGNEURIE

uns avec les autres et que l'intérêt ne soit pas capable de vous désunir ; ce qui pourrait arriver dans le partage du peu de bien que je vous laisse. C’est si peu de chose que cela n'en vaut pas la peine ; mais si par malheur, ce que je ne crois pas, il arrivoit quelque difficulté entre vous, prenez deux ou

trois personnes de vos amis des plus gens de bien

et leur remettez tous vos intérêts entre les mains, et passez-en par où ils jugeront à propos ; vous souvenant qu'un méchant accord vaut mieux qu’un bon procès. Souvenez-vous encore que le meilleur moyen d'entretenir la paix, c'est de conserrer la crainte de Dieu. Aÿez confiance en sa bonté et il vous donnera ce qui vous est nécessaire. Faites du bien à tout ie monde, pour l'amour de lui; ne faites de mal à personne autant que vous le pourrez. C’est Dieu qui m'a donné le peu de bien que je vous laisse ; il m'en à assez donné pour vivre honorablement avec les honnêtes gens ; il vous en donnera aussy autant qu'il vous sera nécessaire, et à vos enfans ; je l'en prierai de tout mon cœur, s’il me fait miséricorde, comme je l'espère de sa bonté. Faites réflexion qu'il y a bien des personnes qui se fatiguent jour et nuit, pour amasser du bien pour des gens qui se moqueront d'eux après leur mort.

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Il faut faire ce que l'on peut pour en amasser, ne négliger aucune occasion ; mais que ce soit toujours sans préjudice de notre conscience et de notre honneur. Plus-tôt vivre pauvre, plus-tôt mourir, que de rien faire contre l’ordre de Dieu. Si vous vivez dans sa crainte, il aura soin de vous.

“ Fuyez toutes sortes de débauchés et faites en sorte que vos enfans ne le soient pas. Souvenezvous de cette parole du Sauveur : ‘que sert à l’homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme.” La vie est courte, mais l'éternité ne finit jamais. Jene m'étends pas davantage, vous êtes assez instruits de vos obligations de Chrétiens ; mettez er nratique ce que vous sçavez, et vous serez sauvés. Soyez charitables et aumôniers autant que vous le pourrez. Faites-vous le plus d'amis qu’il vous sera possible, ais préférez toujours les gens de bien ; parce que les personnes qui vivent dans la crainte de Dieu vous peuvent beaucoup servir par leurs prières, conseils et bons exemples, au lieu que les libertins font tout le contraire ; il ne s’y faut même fier que de bonne sorte. Il arrive souvent que l'intérêt ou la défiance fait qu'ils n’agissent pas sincèrement avec vous, et qu'ils vous disent souvent le contraire de ce qu'ils pensent. Il faut avoir la simplicité de

la colombe, mais en même temps la prudence du serpent. Il est rare d'en trouver un avec qui on puisse agir à cœur ouvert, à moins qu'il ne soit véritablement vertueux : pour lors, vous pouvez lui ouvrir votre cœur, sans crainte d’être trompés. Mais prenez garde, il y a bien des hypocrites, qui sont malaisés à connoître. Tout ami intéressé, il ne s’y faut pas fier. On peut pourtant quelqueïois s’en servir dans la grande nécessité, mais toujours avec défiance, sans toutefois le faire paroître.

“ Lisez le plus que vous pourrez de bons livres, et quand vous en trouverez qui vous donnent de bonnes instructions pour l’état où Dieu vous a mis, ne vous contentez pas de les lire une fois, mais tàchez de les posséder. Ceux que Dieu a appelés dans l’état du mariage pourront lire la Famille Sainte par le Père Cordier, jésuite, les Conseils de

la Sagesse et autres semblables.

“ Adieu donc, mes pauvres Enfans pour un peu de tems, parceque j'espère que nous nous reverrons dans le Paradis, pour louer Dieu pendant toute l'éternité sans jamais être séparés. C’est là où nous nous entretiendrons cœur à cœur ; c'est pour cela que je conjure ceux qui ressentiront quelque afflic-

, du i on soit ez lui Mais | sont ne Sy s s'en

s avec

livres, ent de a mis, hais tàappelés ranville

seils de

un peu byerrons nt toute où nous our cela e afflic-

tion de notre séparation, de faire réflexion que ce n’est que pour peu de tems, et que nous nous réunirons bientôt ; d’ailleurs, que ne vous étant plus utile à rien, il ne se faut pas tant afHiger ; la perte

n’est pas grande, De plus, vous sçavez qu'il se faut

tous séparer. Ainsi, je vous dis adieu, comme celui

qui s’en va devant vous, vous attendre. Priez Dieu

pour moi, je le feray pour vous. Comme je ne sçais* quand je mourray, ni la manière, et que j'ignore si j'auray le tems de vous parler, c’est pour cela que je le fais icy, de crainte de ne pouvoir le faire dans ce tems-là.”

Après ces adieux “à tous en général,” M. Boucher s'adresse en particulier à chacun des membres de sa famille :

“Je commence par vous, ma chère Femme :

“Je vous dis adieu. Souvenez-vous combien je

vous ai aimée, Priez Dieu pour moi et songez à vous préparer à la mort. Vous êtes âgée et par consé-

quent ne pouvez pas tarder à me suivre. D'ailleurs,

il ne faut pas se laisser surprendre. Réparez par vos bons exemples les mauvais que j'ai donnés.

“ Et vous, mon fils de Boucherville :

“Je vous dis adieu. Ne vous affligez pas de notre séparation. Je dis aussi adieu à votre femme et à vos enfans. Priez tous le Seigneur pour moi, je le feray pour vous. Je vous recommande trois choses : 1°, de vivre dans la crainte de Dieu. 2%.

. de continuer à y élever vos Enfans. 3°. de vivre en homme d'honneur, et que rien ne paroisse en vous que d'honnête homme. Vivez en paix avec vos frères et sœurs. Vous êtes l'aîné, agissez en père de famille et que l'intérêt ne vous fasse jamais rompre avec eux. Souvenez-vous que Dieu a soin de ses serviteurs, mais surtout des pacifiques et miséricordieux. Je vous donne ma bénédiction et à tous vos enfans que j'aime tendrement comme aussy votre femme pour qui j'ai bien de la considé-

rabion, et que je n'oublieray pas devant Dieu.

“ Dites à votre sœur de Varennes que je lui dis adieu et à tous ses Enfans, que j'aime et que j'ai toujours aimés. Je leur donne et à elle ma bénédiction. Je les exhorte tous à vivre dans la crainte de Dieu et de s’entre aimer les uns les autres comme

Dieu et la bienséunce le demandent,

e nomme r mOi, trois ue 27.

vre en | vous ec vos n père jamais a soin ques et tion et

comme

crainte

s comme

“Vous direz à votre frère de Grandpré, que je lui dis adieu, à sa femme et à ses enfans ; que je leur donne ma bénédiction ; qu'ils prient Dieu pour moy et qu’ils ne s'affigent pas de notre séparation, qui ne sera que pour un tems. La vie est courte. Je le conjure de travailler de tout son possible et d'employer son esprit et son crédit à maintenir la paix et l'union dans la famille. Je le prie de continuer à vivre dans la crainte de Dieu et en homme

d'honneur, comme il a fait jusqu’à présent.

“ Adieu mon fils de Grosbois. Vous sçavez combien je vous ai aimé, n'en soyez pas ingrat, mais priez Dieu pour moi en reconnaissance. Ne vous afHigez pas de ce que je vous quitte ; Dieu le veut etilest tems de partir. Je ne suis plus utile à personne en ce monde ; j'y suis à charge aux autres et à moy-même. Je vous donne ma bénédiction, à votre femme et à tous vos enfans, à qui je dis aussi adieu. Vivez tous dans la crainte du Seigneur. Continuez de tout votre pouvoir à conserver la paix entre vos frères et sœurs ; que l'intérêt ne soit ja-

mais cause de votre désunion.

“Je dis adieu à ma fille LeGardeur, à son mary et à tous ses enfans auxquels je donne ma bénédic-

tion. Vous ne devez pas douter, ma chère Fille, que je n’aye bien de l’amitié pour vous. En reconnaissance, priez Dieu pour ma pauvre âme et engagez Mr LeGardeur de ma part à conserver la paix et l'union dans lu famille. Qu'il se souvienne que Bienheureux sont les pacifiques. La vie est courte, l'éternité bien longue puisqu'elle n'a pas de fin. Servez bien Dieu, en remplissant fidellement tous les devoirs de votre état.

“ Adieu, ma fille De Muy, adieu à tous vos enfans à qui je donne comme à vous m2 bénédiction. Je prie de tout mon cœur, le Seigneur qu'il vous donne tout ce qui vous est nécessaire en ce monde et le Paradis en l'autre. Je demande la même grâce pour Mr De Muy. Priez Dieu pour moi qui vous aime tendrement, “Je prie derechef Monsieur De Muy de se souvenir qu’il m'a promis d’accommoder les petits différens qui pourroient noître dans la famille. Souvenez-vous, Monsieur, que Dieu vous a donné de l'esprit et du talent pour cela; de plus, vous êtes homme d'honneur et de parole; ce qui fait que je

fonde beaucoup sur vous.

“ Mandez à votre frère, le Curé de St-Joseph, que

Fille,

recon-

, enga- La paix ne que courte, de fin.

nt tous

s enfans ion. Je us donne de et le ne grace

qui vous

se sou vetits diffé- Souvedonné de . vous êtes fait que je

oseph, que

je lui dis adieu ; qu'il se souvierne de moy au St- Autel et que je lui donne de tout cœur, ma bénédiction. Il peut beaucoup contribuer à mairtenir la paix et l'union dans là famille ; qu'il y travaille :

je l'en prie très-instamment,

“ Adieu, mon cher fils de Monbrun, adieu à votre femme et à vos enfans. Je vous donne à tous ma bénédiction. Priez Dieu pour moy. Vous sçavez que je vous ay toujours beaucoup aimés; je sais que vous m'aimez réciproquement et que par conséquent vous aurez de la douleur de ma mort; mais je vous conjure de ne point vous affliger ; cela ne serviroit qu'à intéresser votre santé. Songez que vous avez une famille qui a besoin de vous; d’ailleurs, vous ne perdez rien en me perdant. Je vous seray plus utile auprès de Dieu, s’il me fait miséri-

corde, comme je l'espère de sa bonté.

“Adieu mon cher Fils de Lapérière. Je sais combien vous m'aimez et que notre séparation vous sera bien sensible, mais consolez-vous et dites souvent: Dieu l’a voulu de la sorte.... que son saint nom soit béni. Priez le Seigneur pour moi. Je ne vous en dis pas davantage, vous sçavez mes senti-

mens. Je vous donne ma bénédiction, et je prie le

een

Seigneur qu’il vous donne la sienne. Craignez Dieu eë fuyez le péché.

ee

“ Adieu ma chère fille de Sabrevois, dites à Mr

de Sabrevois que je luy dis aussy adieu et à votre

fille; je vous donne ma bénédiction. Vivez tou-

jours dans la crainte de Dieu et l'horreur du péché.

Priez le Seigneur pour moy, ïe le ferai pour vous.

Je conjure Mr de Sabrevois de continuer à conser-

Rene ee re —

ver la paix et l'union dans la famille.

“ Adieu, ma chère fille Boucher. Je suis fâché de vous laisser, sans que vous soyez pourvue. Vous sçavez que ce n’est pas ma faute, et qu'il n’a dépendu que de vous. Dieu aura soin de vous et vous serv'-a de père. Vous avez votre mère qui vous aime beaucoup. Priez Dieu pour moy, je le prierai pour vous. Je vous donne ma bénédiction et vous

laisse sous la protection de la sainte Vierge. ‘ 4

“Mandez à votre frère Boucher, prêtre du séminaire de Québec, que je lui dis adieu, que je lui donne ma bénédiction ; qu'il prie Dieu pour moy, surtout au saint sacrifice de ia messe. Je ne lui donne aucune instruction, parce qu'il en sait assez

et plus que roi. Qu'il continue comme il a com-

Z Dieu

s à Mr x votre eZ tou- 1 péché.

ar vous.

| CONSET-

us fâché 1€. Vous

n'a dés et vous qui vous e prierai \ et vous

re,

du sémi-

ue je lui our moy, je ne lui

ait assez

il a com-

mencé, et qu'il contribue à faire régner la paix et l’union dans la famille.

“ Adieu, mon fils de Niverville. Je vous donne ma bénédiction. Ayez bien soin de votre chère mère, qui vous à tant aimé, et qui vous aime encore tendrement,.

“ Adieu, ma chère fille de St-Pierre, adieu, ma chère Enfant. Je vous donne ma bénédiction.

Priez Dieu pour moi, je vous en prie, et ne vous afligez pas quand on vous portera la nouvelle de ma mort, au contraire réjouissez-vous de ce que Dieu m'a appellé à lui, et délivré par sa bonté des misères de cette vie. Je sais que cela sera difficile, parce que vous m’aimez trop, et que d’ailleurs votre naturel tendre ct affectueux vous cause bien de la peine dans de semblables rencontres.

“Si vous m'avez aimé plus que vos frères et sœurs, j'ai aussy eu bien de la tendresse pour vous et j'en aurai to: "| -“rnité. J'ai dessein de vous écrire une lettre portieuliere pour vous dire adieu ; votre attachement pour moi mérite bien cela, je le ferai à mon retour de Québec, si Dieu me fait la grâce de faire ce voyage. Je fais cecy d'avance, de : rainte d'être surpris par la mort, sachant bien que ce vous

et sœurs, une consolation,

e tendresse pour moi, dire adieu, devant

& à tous vos frères qui ont plus d le soin de leur

sera, € surtout à Ceux de voir que j'ay eu

que de sortir de ce monde.

usse subitement, ni sant

a fille de St-Pierre,

e sur moy. y mais elles

«En cas que je MOUr pouvoir parler, je donne à m mon Reliquaire d'argent que je port a bien des Indulgences appliquées dessus, ne luy peuvent Servir ; elle en pourre faire mettre d'autres. Comme c'est tout ce qui m st bien juste que je le donne à cel!” & d'affection, et qui à toujours eu pour

tachement, pendant

e reste, à donner,ile aui m'& tant témoign moi un si tendre at que j'ai vécu

en ce monde.

e leur laisse le peu de bier que efois qu'ils prieront Je leur demande à

« Aux autres. —*

Dieu ma donné, à condition tout

et feront prier Dieu pour moi.

chacun dix messes, sans compter les prit St bien la moindre chose qu'ils puissent s de mon âme. Je leur en demère, à qui ils ont tant

ë ss qu'ils

feront ; c'e faire pour le repo

mande autant pour leur d'obligation.”

eune date, mais comme

Ce manuscrit ne porte au

ation, r moi, levant

ji sant -Pierre, OY: Il Ÿ jais elles

à mettre e, à don- ,aui ma s eu pour jai vécu

, bien que is prieront demande à os qu'ils ls puissent jeur en de- 18 ont tant

mais COMME

CS

M. Boucher l'adresse à sa fille de Saint-Pierre, nous savons, au moins, d'une manière certaine, qu'il est d’une date postérieure au testament de 1688. Ce n'est qu'en 1694, le 10 juin, que Mlle Geneviève Boucher entra au noviciat des Ursulines ; et ce n'est que deux ans ap: :, lors de sa profession, qu'elle prit le nom de mère de Saint-Pierre. M. Boucher n’eût donc pu s'exprimer dans les mêmes termes, s'il eût écrit ses adieux avant ce temps.

Un autre manuserit fait suite à celui-ci Il est

du 18 août, et probablement de la même année :

“ Du 18 d'aoust.—J'ai cru devoir ajouter iey que ma femine et moy avons fait un Testament, lequel nous ne souhaitons qu'il soit ouvert qu'après la mort du dernier vivant, à moins qu'il ne survint quelque chose qui obligeat à l'ouvrir plus tôt, ou pour quelques raisons que nous n'avons pû prévoir ; hais quoiqu'il puisse arriver, qu'on n'y change absolument rien de nos intentions qui sont de vous faire vivre en paix et d'empescher que vous ne plaidiez les uns contre les autres. Nous avons tâché d'y garder l'égalité en tout; cependant s’il paroit que quelqu'un soit plus avantagé, souvenez-vous que vous êtes tous frères et sœurs, qu'il ne faut pas se porter

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