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LA TROISIÈME ÉGLISE

Après la mort de M. Dufrost, la paroisse fut desservie pendant sept mois, d’abord par M. Pierre Denaut, curé de Longueuil et plus tard évêque de Québec, puis par M. Louis Lamothe. En 1790, elle eut le bonheur de recevoir un de ses plus éminents curés, M. Pierre Conefroy, grand-vicaire de Mgr Plessis, homme de talents, de grandes vertus et chéri de ses paroissiens. La lettre de M. de Boucherville à Mgr l’évêque de Québec, dont nous avons déjà cité un extrait, nous apprend avec quelle joie fut saluée l’arrivée du nouveau pasteur dans la paroisse.

Boucherville l’eut pour curé durant vingt-six ans. À lui revient le mérite d’avoir bâti l’église de 1801. Il y avait longtemps déjà que la nécessité d’une

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nouvelle église paraissait urgente ; plusieurs résolutions avaient même été prises à ce propos, mais des circonstances en avaient toujours retardé l’exécution. Le manque de récolte, en 1786, fit changer le projet de construction d’une église pour celui d’une grande chapelle temporaire ; l’année suivante, on annulla ces résolutions dans une autre assemblée et on décida de construire une église de 124 pieds sur 50. M. de Montarville, avec l’aide des syndics, fut chargé de la direction des travaux ; chaque contribuable devait apporter sa cote de pierre, de bois, de travail ou d'argent. Les marguilliers réglèrent même, trois semaines après cette assemblée, les agrandissements à faire à la chapelle des congréganistes, pour qu'on y pt faire les offices, durant les travaux de construction. Ce fut en vain ; de nouveaux obstacles surgirent et la nouvelle église fut remise à mil huit cent.

Cette fois, l'exécution suivit le projet; les matéiaux furent rapidement préparés, puis, au printemps de 1801, les travaux poussés avec une sage activité. Les talents de M. Conefroy en architecture, comme d’ailleurs dans tous les arts et sciences, lui permirent d’en tracer lui-même le plan. Au mois d'octobre de l’année suivante, Mgr Denaut

venait consacrer ce nouveau temple, considéré comme un des plus jolis édifices religieux de ce temps.

Comme pour l’église précédente, les décorations se firent peu à peu, pendant plusieurs années. Une assemblée des marguilliers autorisa d’abord Louis Cicot à passer contrat avec le sieur Cavillon, pour la construction d’une chaire, d’une corniche pour le contour de l’église, d'un banc-d'œuvre et d’un cartouche pour le maître-autel. En 1803, la fabrique confiait à M. de Laperrière la somme de cinquantecinq louis, souscrits pour l'acquisition du tableau du sanctuaire. Plus tard, la somme de quarante

louis fut payée à un peintre, pour une copie du

tableau de Saint-Pierre aux liens, qui se trouvait

alors dans la cathédrale de Québec. Trois autres

tableaux furent encore achetés dans la suit, l’un

devait être placé au-dessus du maître-autel, les

deux autres dans les chapelles latérales. Le curé

réglait en même temps, avec l'approbation des mar-

guilliers, qu'aucune sépulture ne se ferait dans

l'enceinte des murs de l’église, à moins qu'il ne }

fût payé trois cents livres, ancien cours.

Les embellissements de la nouvelle église n'étaient

pas encore achevés, que Boucherville fut sur le

point de perdre une partie de ses paroiïssiens. Dès

1809, M. René de la Bruère et plusieurs habitants tenanciers du fief Montarville !, dont il était sei-

s gneur, sollicitèrent de Mgr Joseph-Octave Plessis, la ” permission de bâtir sur ce fief un presbytère et d'y is établir une desserte qui réunirait, tant Les concesné sionnaires présens et à venir du dit fief, que les le terres et habitations sises sur le chemin de Lonav queuil à Chambly, depuis la sortie des aunaies que jusqu'à l'endroit où la seigneurie de Chambly conler fine avec la baronnie de Longueuil. Cette divieau sion aurait séparé de Boucherville presque toute

l'étendue qui lui fut enlevée plus tard, dans la for-

dt mation des paroisses de Saint-Bruno et de Saintvait Hubert *.

tres Monseigneur ne jugea pas opportun d'agréer pour l'un le présent cette requête. Dans une déclaration com- |, les muniquée à M. de la Bruère, par l'entremise de M. curé Conefroy, vicaire-général, il oblige ceux qui demeumar- rent dans les deux premières rangées on concessions dans du dit fief Montarville, plus connu par le nom ‘| ne des étangs, à faire provisoirement partie de la desaient . 1 Cf. Notes et documents, VIII.

.2 L'érection canonique de Saint-Bruno eut lieu en 1842, et l'érection ur le civile, par proclamation du gouverneur-:général, le 9 octobre 1846. La Dè s paroisse de Saint-Hubert fut érigée canoniquement wngt ans après,

en 1862, et civilement en 1863,

serte de Boucherville," obligation d'y faire leur communion pascale, y porter leurs dîmes, d'y rendre le pain-bénit, ‘e s'y faire enterrer et de contribuer par conséquent à l'entretien du cimetière.

Quant à ceux de la troisième concession des dits étangs ou du dit fief de Monturville, qui ne peuvent facilement se rendre à Boucherville, “ à raison de la montagne qu'ils ont à franchir,” il leur permet, avec des conditi s particulières, de faire provisoirement partie \ paroisse de Saint-Joseph de Chambly.

Une lettre dans laquelle M. Conefroy rend compte à l’évêque de l’état de sa paroisse, nous apprend qu’il y avait vers cette époque, à Boucherville, “près de quatorze cents communiants.” Le Mémoire présenté à Mgr J.-J. Lartigue, en 1836, par M.

Hyacinthe Hudon, dit que le nombre s'élevait alors à deux mille. Le revenu annuel de la fabrique était, en 1825, de 260 louis courants. Les dettes n'étaient pas considérables, malgré les grandes dépenses qui avaient été faites pendant les trois dernières années, pour les écoles, pour l'acquisition d'un orgue de 500 louis, des stations du chemin de Croix, d'un tableau représentant Ja mort de ‘saint

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Jérôme et d’un autre de saint Antoine ressuscitant un mort.

ur l'y de Lorsaue M. Hudo., vint prendre la cure, en 1832, “il s'occupa, avec un goût exquis, dit l’auteur de l'Annuaire de Ville-Marie, d’orner l'intérieur de

l'église. IT plaça au-dessus du maître-autel un su-

mé-

dits peu-

perbe et riche baldaquin, soutenu par quatre colonnes ; il fit peinturer la voûte, construire de nou-

veaux jubés et embellir le chœur des ornements

son

perpro oseph

d'une architecture remarquable.”

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‘Ab! then and there was hurrying to and fro, And gathering tears, and tremblings of distress ; And there were sudden partings, such as press The life from out young hearts, and choking sighs Which ne’er might be repeated.”

Lord Byron.

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