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pères de Saint-Viateur, de Joliette :—Une chose me console maintenant, mon révérend Père : je ne remarque plus chez nos enfants de lacunes considérables en certaines matières.
Et le père ayant provoqué une explication :
— Autrefois, reprit-il, tels écoliers brillaient en arithmétique et ignoraient l'application des préceptes de la grammaire ; d’autres avaient des connaissances géographiques du monde entier, maïs leur tenue était mauvaise, ou bien ils étaient afHigeants
par leur ignorance des vérités et des devoirs de la
—Que voulez-vous ! répondit le père, en souriant, un homme ne peut pas tout faire et faire bien. Trois ou quatre ensemble se suppléent ; chacun est appliqué aux matières plus conformes à son talent ; et ainsi ce que l’un ne peut faire, l'autre le fait ; celuici enseigne mieux les premiers rudiments, celui-là les classes plus élevées ; et voilà comment nous évitons autant que possible les lacunes.
Cependant l'instruction n’est pas tout ; elle n’est pas même la partie la plus importante dans la formation de l'enfance. “ L'instruction, dit Guizot, n’est rien sans l'éducation.”
Oui, l'éducation religieuse ! fondement inébran-
lable du savoir. Sans elle, on peut enrichir l'esprit de l'enfant, son cœur reste vide ; on peut l'instruire, non pas l’élever. L'élever, c'est le placer dans une sphère supérieure, c'est ouvrir toutes ses facultés aux nobies aspirations, c’est leur donner les aiïles de la foi et les faire monter toujours vers le bien. A cette fin, le calcul, la lecture, l'orthographe, la gévgraphie, ne seront toujours que des moyens secondaires.
Ernest Legouvé disait : “Si j'étais absolurient forcé de choisir pour un enfant, ou de savoir prier ou de savoir lire, je dirais : Qu'il sache prier ! car prier c'est lire au plus beau de tous les livres, au front de Celui d'où émanent toute lumière, toute justice et toute bonté.”
En même temps qu’une instruction pratique, il s'agit de donner à cet enfant qui vient à peine de quitter les genoux de sa mère, des leçons capables “ de développer dans son esprit la notior du vrai, et dans son cœur les germes du Lien ; il s’agit de lui inculquer des croyances qui puissent devenir des vertus, et de tourner vers Dieu, son Créateur et son Rédempteur, la plus haute et la meilleure partie de lui-même ; il s’agit de lui apprendre à joindre ses mains dans la prière de la foi, et de lui faire com-
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prendre son absolue dépendance de Celui qui tient nos destinées entre ses mains, il s’agit d’éloigner sa jeune âme de tout ce qui pourrait la flétrir, et de la mettre en contact avec l'Évangile, avec l'Église, avec Jésus-Christ, avec toutes les sources divines de lu pureté et de l'énergie morale ; il s’agit enfin de le cuirasser d'avance contre les épreuves et les adversités de la vie, par la pensée d'une vie meilleure dont celle-ci n’est que le prélude et l’initiation.—Voilà l’une des parties principales de l’éducation primaire 1,”
C'est à quoi s'appliquent excellemment, à Boucherville et dans toutes leurs autres maisons, les Cleres Paroissiaux de Saint-Viateur. Et est-il besoin de dire que si l’instituteur laïque, observateur des commandements de Dieu, y peut quelque chose, le religieux qui suit les conseils de Jésus-Christ dans la voie de la perfection, et dont la : i> est un exemple perpétuel d’abnégation, d'humilité et d'immolation au devoir, y arrivera sûrement par d’inoubliables leçons ?
La semence jetée par leurs mains dans des cœurs bien faits, ne périt pas. Elle peut être submergée
1 Mgr Freppel ; Oeuvres polémiques, t. I, p. 389,
pour un temps sous le flot des passions, mais elle demeure vivace, jusqu'à l'heure où poussant ses germes féconds, elle se fait voie à travers ce flot de misères et s’'épanouit dans une sainte conversion ; | 4 ainsi certaines plantes dont les germes longtemps 4 perdus au fond vaseux des lacs ou des baïes, pous-
sent enfin, dans les jours chauds d'été, leurs longues
tiges et étalent à la surface des eaux leur fleur virginale.
Dieu veuille, donc, que les Clercs Paroïissiaux de Saint-Viateur et tous leurs frères en apostolat, se multiplient au milieu de nous ; qu'avec la reconnaissance de nos villages et de nos villes, et sous la protection d'un gouvernement sincèrement catholique, donnant toute la sphère convenable à leur action et des coudées franches à leur institut, ils continuent longtemps de réunir autour d’eux les enfants, de se sacrifier pour eux sans espoir de
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retour, de leur donner leurs travaux et leur vie, comme le verger donne ses fruits, l'abeille son miel, la plaine féconde ses moissons. ù
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Ceux qui nattendent leur récompense que du Seigneur, seront bien récompensés,
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ux de plat, se reconsous la cathoà leur itut, ils eux les poir de eur vie,
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‘ Pauci à auci, le S i legibus paucis, pagrum regebant.”