LA STATUE DE MESSIRE ANTOINE GIROUARD
Élever un monument à la mémoire d’un grand
homme, ce n’est pas seulement rendre hommage à ses vertus et accomplir envers lui un acte de reconnaissance ; c'est encore le plus puissant moyen de lui susciter des imitateurs. On ne se contente pas, en effet, en érigeant une statue en l'honneur d'un illustre citoyen, d'y graver son nom sur le socle ; la parole et la plume s'unissent pour faire l’histoire de cet homme ; à côté de son monument, on déroule, aux yeux de la multitude, le tableau des vertus et des hauts faits de sa vie. Il en résulte, dans les cœurs, une généreuse émulation ; la gloire ainsi connue et récompensée engendre d'autres gloires : on est tout prêt à être l’imitateur de celui dont on est l’adimirateur.
César pleure devant le buste d'Alexandre, et César
devient le vainqueur des Gaules et de Pharsale,
“ Ce qu'ils ont fait, pourquoi ne le ferais-je pas ?” dit le fils de sainte Monique, en lisant la vie des grands serviteurs de Dieu, et ce rils devient le grand saint Augustin.
La vénérable mère de Mgr Taché raconte à son enfant les courses apostoliques de Marquette, elle présente à ses yeux le tableau des sacrifices du missionnaire jésuite, et le cœur du généreux enfant s'ouvre à son tour au désir du sacrifice, wne voix éloquente comme celle d'un monument, selon son expression, lui indique la route à suivre, et il purt, et le Nord-Ouest a son Marquette, couronné de nombreuses années et d’un glorieux épiscopat,
Tel est, dans un grand cœur, l'effet de l'irrésistible leçon &e l'exemple.
Cette leçon, les Bouchervillois l’offrirent à tous leurs concitoyens, le 19 août 1879, en érigeant une statue, acte solennel de reconnaissance et d’admiration, en l'honneur d'un des plus illustres enfants de leur paroisse : messire Antoine Girouard, fondateur du collège de Saint-Hyacinthe. Trois des anciens élèves de ce collève firent, en face du monument, l'histoire des œuvres et des vertus du pieux fondateur.
Ce jour-là aussi, Boucherville consacrait de pré-
pas ?” CIEUX souvenirs histor
ie des encore les dernier
iques. Dans Je sol où gisent
S restes des fondations de la cha-
grand L pelle de 1668, on planta une croix Portant les noms
glorieux de Pierre Boucher, de Marguerite Eourgeois
à-han et de Jacques Marquette. Et devant ce second te, elle
Monument, Mor l'archevêque
es du eXprima les sentiment,
de Saint-Boniface À
qu'inspiraient à son noble enfant cœur, ces trois noms inscrits sur une même croix. à voix La fête eut lieu le dimanche après-midi. )n son “On avait élevé, en face de l'église, une estrade, L'purt, où l’on y
OYait, assis sur deur Mer Taché, M Supérieur du sé
rrésis- Nantel, Supérieu
des fauteuils, Sa Grangr Raymond, le R M. Lavigne, minaire de Montréal, le R. M.
r du petit séminaire de S$ Thérèse, le R, P. Lefloc]
né de è
ainte-
1, O. M. I, les RR. MM.
\ tous Gravel et Trudel, anciens curés, M. Alexandre at une Lacoste, bâtonnier du barreau de Montréal, M. Je \mira- Dr Desmarteau et plusieurs autres, Autour de nts de l'estrade se Pressait un cercle nombreux de memlateur bres du clergé et de citoyens Marquants 1, ” nciens La paroisse de Boucherville était en fête éten iment, portait les Joyeuses Parures. Eh! n avait-elle pas c fon- raison de l'être ? Pour faire l'éloge de ses gloires e pré-
1 Compte-rendu de la Minerve par Un Spectateur, le 27 août 1879,
É . / ° A u < passées, ne voyait-elle pas réunies, à l'ombre de son clocher, ses plus belles gloires du présent ?
La statue du R. M. Girouard es plus que de grandeur naturelle ; elle repose sur un piédestal en pierre, en face de l'église, au milieu d’un bosquet de jeunes érables. Sur une des faces du piédestal, est gravée l'icecription suivante :
ANTOINE GIROUARD, né à Boucherville le 7 octobre 1762, FONDATEUR DU COLLUGE de SAINT-HYACINTHE, en 1811; décédé le 3 août 1832.
Le statuaire à reproduit l'attitude modeste de ‘humble prêtre ; on découvre dans ses traits quell S que chose qui rayonne comme la vertu; ce large front parle encore d'intelligence, ce regard recueilli rappelle la prière et la candeur; les viellards qui
r ? : - - , ont connu retrouvent l'expression de sa douceur
L] dans le sourire qui efHeure ses lèvres. C'est lui enfin,
‘* Et quand on parlera de ses vertus si chères Nos enfants n'iront pas demander à nos pères Comment souriait Le pieux vieillard.” M. Girouard est un des principaux personnages de Boucherville, que nous nous sommes proposé de
faire connaître, Ici notre but sera facilement
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atteint: nous n'avons qu'à citer. Bien mieux que nous ne saurions le faire, Mgr Joseph-Sabin Raymond redira l’histoire de celui dont il a été l'élève et le coopérateur. Il y a tout plein de sincérité et de reconnaissance filiale, de traits édifiants, dans le discours qu'il prononça en cette circonstance. Immédiatement avant lui, M. le Dr Desmarteau avait esquissé, dans un langage aussi délicat qu'élevé, la vie du vénérable fondateur. Mgr Raymond compléta le tableau, dans son discours, que nous
reproduisons à peu près textuellement,