MONSEIGNEUR, MESSIEURS
Boucherville, Saint-Hyacinthe, voilà deux noms qui correspondent. La cité, jeune encore, mas en voie de progrès, qui s'élève sûr les bords de l’Yamaska, salue avec reconnaissance la paroisse florissante qu'arrosent les eaux du roi des fleuves. A l'honneur de Boucherville concourent une antiquité pleine de gloire,un illustre fondateur, qui lui a donné son nom, en léguant à nos annales une de leurs pages les plus édifiantes, de nobles familles continuant jusqu’à nos jours son illustration, des membres éminents du clergé, des citoyens distingués, dont les talents et les
labeurs furent consacrés à la patriotique défense de
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l'Église et de l’État, enfin l'esprit de foi, d'honnêteté, de zèle pour l'éducation, qui distingue encore ses habitants.
Saint-Hyacinthe doit ses développements aux maisons d'éducation qui y sont fondées. Voilà pour-
quoi nous disions que la jeune cité est reconnais-
sante envers Boucherville, C’est à un homme de cette paroisse, en effet, qu’elle doit la fondation de ses principaux établissements. Et c’est à la mémoire de cet homme, du vénéré messire Girouard, que s'élève le monument dont l'installation nous réunit È aujourd'hui.
Placé à la tête des deux institutions qu'il a fon-
dées, j'ai compris que c'était un devoir pour moi de
me rendre à l'invitation de votre digne pasteur, et
d'adresser la parole en cette circonstance. Permet-
tez-moi donc de vous rappeler les titres de M. :
Girouard à l'hommage que vous lui rendez aujour- é
d'hui. Il me suftira pour cela de redire simplement
ce qu'il a été et ce qu'il a fait,
De tous, ses amis survivants, je crois être celui qui
a eu le plus de rapports avec ce grand homme, du
. : .\ . 1 moins, dans la dernière partie de sa carrière. Je
suis né à la porte de son presbytère ; je l'ai connu És
presque aussitôt que les auteurs de mes jours. Après
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a fonmoi de eur, et ermetde M.
vu jour'-
lement
ui qui me, du re. Je
connu
. Après
DEUX MONUMENTS si
ma mère, c’est lui qui m'a fait Connaître Dieu, E aCCOMpagné souvent ; toute mon éduc
cher coll ègre. P
fant, je lai à l'autel Pour le
servir ation, je l'ai reçue dans son arler de ses vertus et de se c'est Pour moi aCQuitter une dette Corder un bonhe
S œuvres, sacrée, et m'acur toujours nouveau.
M. Antoine Girouard n’a pas eu le
Dieu l'en dédomm au-père qui l’aima (0e) enfant, I] voulut faire instruire le Jeune Antoine : mais, cultivateur à peine à l'aise, il ne put subvenir seul aux frais d'une éducation classique, Quelques citoyens généreux l’
aidèrent, et Antoine fut envoyé au collèce de Montréal].
Ses talents l'y fire condisciples ;
bonheur de Connaître son père.
agea en lui donnant un be
nne son Propre
nt remarquer
ses succès furent bril] et nombreuses le
entre tous ses ants et solides, S qu'il y remporta. I] au Séminaire après deux ans d’études thé
S Cour nne
étudia la philosophie
de Québee, et
ologiqnes dans cette aison, il fut Jugé digne du Sacerdoce e tère apostolique,
Envoyé d'abor
t du minis-
d en Mission À la B
àaie-des-Chaleurs, il desservit
quelque temps 8 sur ces côtes, Plus
seul pendant 1roisses disséminé d'une fois, il dut
toutes les pi
affronter là mort Pour porter
les secours de son ministère. L'affection qu'il y gagna fut telle, que plusieurs années après son départ, une députation de sauvages et de pêcheurs de la Baie venaient à la Pointe-aux-Trembles, où il était euré, le supplier de revenir au milieu d'eux et d’être encore leur pasteur et leur père.
En septembre 1805, M. Girorard était nommé à la cure de Saint-Hyacinthe. Quelques maisons groupées autour de l’église formaient alors tout le village ; mais la paroisse était immense. Seize paroisses s'en sont formées depuis. C'était le centre religieux d'un grand 12mbre de catholiques dispersés jusqu'à la frontière américaine. Pour visiter un malade il fallait quelquefois des joars entiers, voyager à travers des forêts sans chemin.
M. Girouard a été chéri, admiré à Saint-Hyacinthe, pour sa piété, son travail assidu, son zèle à instruire
son peuple, sa charité sans borne envers les pauvres,
sa courtoisie et son aimable simplicité.
Je devrais rappeler ici ce qu'il fit pour l’agriculture, les sacrifices qu'il s’imposa pour le défrichement des immenses vallées des cantons de l’est, le nombre d'églises et de chapelles qu'il a vues s’élever, là même où il avait vu la forêt vierge. Mais
je me hâte de parler de son œuvre principale, de
x Et
A né à TouisseS eu s jusalade
À tra-
inthe,
truire
uvres,
griculfrichel’est, le is s'éle- Mais
bale, de
celle qui fait le mieux la gloire de son nom, de cette institution où sont venus se former tant d’illustres défenseurs de notre église et de notre patrie.
Un jour, M. Girouard dut porter les secours religieux à une famille, établie à plus de vingt milles de son église. C'était le soir, et pour parvenir à cet endroit il n’y avait point d'autre voie de communication que la rivière Yamaska. Assis dans son canot, ilen remontait tranquillement le cours, quand au milieu du silence de la nuit, il lui sembla entendre des voix, partant de toutes les chaumières perdues au sein de la forêt ; les voix des vieillards touchant au seuil de l'éternité, des familles de colons soupirant, au milieu de leurs pénibles travaux, après les consolations de la religion, les voix de la jeunesse se sentant entraînée ; ir les passions, des enfants, des malades et de tous les fidèles aimant Dieu ; il lui semblait que toutes ces voix, portées sur la brise des nuits, arrivaient à ses oreilles et, dans un triste et touchant concert, répétaient en accent suppliant : donnez-nous des prêtres.
Des prêtres ! mais il faut les former par l’éducacation religieuse et littéraire. Ah ! se dit-il, s'il y avait un collège à Saint-Hyacinthe.... Mais, c'est
un rêve de la nuit !
Cependant, il songe que ses revenus augmentent et
que le défrichement s'opère. Un éclair traverse son
âme : “Je bâtirai un collège ; je ferai des prêtres.”
En vain M. Girouard se dit ensuite qu'il lui faudra s'imposer toutes sortes de privations ; que sa vie sera désormais vouée à de continuelles sollicitudes, que cette entreprise va lui ravir tout repos. Avec la bénédiction de Dieu, tout peut réussir.
Sans doute, établir une pepinière pour le sacerdoce a été la principale intention de M. Girouard ; mais sa pensée, dans la fondation du collège de Saint-Hyacinthe, s'est aussi portée vers un autre objet.
Il sentait que sa patrie avait besoin de défenseurs, et que l'éducation seule pouvait relever sa nation et la soustraire à l’infériorité, dans laquelle on cherchait à la maintenir. Il fallait des hommes instruits et bons chrétiens pour empêcher les Canadiens, malgré le flot envahisseur des populations étrangères, d'abdiquer leur langue, leur foi, leur caractère distinctif comme peuple. “Pour Dieu et la patrie,” M. Girouard a pu écrire ces mots en toute sincérité de cœur au frontispice de son établissement...
La construction lui coûta des fatigues, des sacri-
fices incalculables,
ent et
se son tres.” 1 faujue sa ollicirepos, ’,
saceruard ; ve de
autre
seurs, lation chers 1nsdiens, tranctère trie,” cérité
sacri-
Les Contradictions ne lui Manquèrent Pas. On se
moqua de son entreprise :
de faux prophètes pré-
dirent au bon curé, que s4 misérable
neraïit bientôt avec lui. Rien ne le dé l'édifice tombait aujourd'hui !
“Je dirais :
ecole se rni- Couragea, “ Si répondait-il un jour,
que le nom de Dieu soit bé
ni, et je le rebâtirais demain.” Enfin, un Jour,
—j'en ai gardé en moi l'im )ression d 8 la plus vive,
— Un jour d'indicible satisfaction se lève Pour M. Girouard. Debout devant le seuil Maison Patemnelle, je vois défiler une tête, s'avance, à côté de notre bi vieillard Vénérable, COUrbé par les dit : “Ce vieillard est M. le gr curé de Boucherville :
de la Procession, En en-aimé curé, un années. On me
and-vicaire Conefroy, il vient bénir le collège,” Peu de jours après, cette Maison s'ouvrait à la jeubonheur de f
nesse, et j'avais Je are partie de la première classe qui s’y est faite.
Pour Soutenir sa fond
ation M. Girouard e tous le
S Moyens dictés par 1 que les fortunes des
ger d'eux qu'une
mploya à prudence. Sachant habitants no PeïMettaient d'exipension modique,
Msuffisante au il acheta, à pe
Soutien du collège,
u de frais alors, les belles Propriétés,
qui ont fait longtemps et font
encore aujourd'hui les abondantes ressources de cette institution.
M. Girouard vit son œuvre fortement encouragée par son vénérable ami, Mer Plessis, et plus tard par Mgr Lartigue, administrateur du diocèse de Montréal.
Entin, en 1826, il vit des élèves dans chacune des classes du cours classique, et douze élèves de philosophie lui adressaient, en quittant cette maison, un solennel hommage de reconnaissance. Il eut le bonheur d'assister au saint sacrifice offert par des prêtres formés dans son cellège ; de les voir annoncer ia parole divine et sanctifier les âmes,
A côté de son collège, il fonda une autre maison, pour l'éducation des jeunes filles. Sa libéralité la laissa dans une voie prospère, où-elle marcha, d’abord sous la direction des dignes filles de cette Mère Bourgeois, dont le souvenir est solennellement rappelé aujourd’hui, et plus tard sous la direction des sœurs de la Présentation, qui en ont fait, en ce pays, leur maison-mère.
M. Girouard pouvait dire: opus consummavi, j'ai accompli ma tâche. Des infirmités lui faisaient pressentir la mort. Il se tenait prêt ; il avait tout
prévu, tout arrangé, car il s'attendait à être surpris.
de
ée P a!
nt-
des nlo- \, un bonêtres
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xison, ité la d'a- Mère r'apn des
pays
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aient tout
rpris.
Le 2 août 1832, il visitait une dernière fois Boucherville, sa chère paroisse natale, Un soir il passa ici, devant l'endroit où nous sommes réunis ; il salua devant cette église le Dieu qui y réside, avec une sorte de pressentiment douloureux ; il se rendait chez son ami, le vénéré M. Deguise,curé de Varennes : cette nuit-là même le ciel l’enlevait à la terre.
Ce fut une consternation générale ; l’affiction ne se borna pas à Saint-Hyacinthe et à Boucherville, le pays entier la partagea bientôt. M. Girouard était connu, estimé, respecté partout ; ses vertus et ses œuvres lui avaient acquis un nom vénéré,
Vingt-neuf ans après avoir été déposés dans l'église de Saint-Hyacinthe, ses restes furent transportés, au milieu d'un immense concours de prêtres et de citoyens, dans le cimetière du Séminaire. Il aura peur mausolée la chapelle que les anciens élèves du collège doivent élever, selon la suggestion de Mgr l'archevêque de Saint-Boniface ?,
L'œuvre de M. Girouard, on a pu en apprécier la prospérité et l'importance à cette fête solennelle, dont elle a été l’objet l’année dernière. En ce jour,
en effet, le collège de Saint-Hyacinthe voyait réunis
1 Cette chapelle est maintenant bâtie ; on la considère comme un des plus jolis édifices religieux de Saint-Hyacinthe,
dans ses murs la plupart des quatre ou cinq mille élèves, qui ont reçu là leur éducation, avant de fournir aux professions libérales cinq cents de leurs membres, quarante aux assemblées législatives et à la magistrature, parmi lesquels six juges de la cour supérieure, cinq sénateurs de la Puissance et plusieurs ministres d'État ; avant de fournir à la religion plus de trois cents prêtres, quarante religieux, quatre évêques et un archevêque: l'illustre prélut qui préside cette cérémonie et que Boucherville et Saint-Hyacinthe réclament comme leur gloire.
La statue de bronze, modelée sur celle que vous élevez aujourd’hui en son honneur, demeure dans le parterre du collège, comme le monument de la gratitude des anciers élèves, envers le glorieux fondateur.
Maintenant, permettez-moi de vous le dire, vous vous honorez vous-mêmes, en élevant ce monument à la gloire de ce champion de l'éducation. Cette statue dit assez que vous savez apprécier ce que fait la religion pour la société, par le développement intellectuel qu'elle lui donne. Vous attestez que l'éducation, sous le contrôle du clergé, éclaire les esprits, élève le caractère, forme le cœur aux nobles aspirations et devient, par là même, un principe
mille actif de bonheur et de Progrès pour une nation. Oui. nt de la religion Par la sublimité de ses dogmes leurs
S, la pureté
l'homme, à
de sa Morale,
travaille à
se et à le lapprocher de la div
SUnaturaliser inité qui €
st son Principe :
1 cour d l'impiété ne peut que l’abaisser et exciter en Jui les b plu- instincts d'une Œ'uauté, dont 1871 et la Commune a reli- de Paris Ont offert les tristes effets, Ah ! Pourquoi gieux, faut-il qu'on oublie ces Principes, sur la terre Chérie prélut d'où Sont venus nos pères ! FI] ille et L'acte que vous acComplissez est une protestation Vin , Contre le Principe désastreux. qui veut une éducae Vous tion sans religion, C'est-à dire une SOCIété sans Dieu. lans le Soyez fiers de cette eXpression intelligente de votre à gra- foi ! Soyez fiers d'avoir si bien COlnpris l'importance fonda de l’union de l'ordre religieux et de l'ordre SOCial. Outre Je Souvenir de M. Girouard Je dois vous », VOUS dire en terminant, que d’autres SOUvVenirs et d'autres ument ons m'attachent à Boucherville Ic Cette
i, en effet, fut archevêque de Saint-Boni re à plus d'un titre. Ici ali de cœ
l'Ouard,
élevé le Pieux
ue fait
vénè
face, que je , Naquit M. Trudel mon per digne neveu de M. Gi- Di ur de notre
ement
ur, digne prêtre
Z que insigne bienfaite
ire les
institution.
Pendant plus de trente ans, cette pa’oisse à été desnobles servie par le bon et vertueux M
‘incipe
+ Pepin, dont J'eus Fn Prononç
l'insigne bonheur q'
être l'ami,
ant son
nom, je sens votre émotion, et c'est avec peine que je puis contenir la mienne,
Aujourd'hui, je revois avec plaisir le pieux pas-
teur qui vous dirige. Comme vous je l'estime, comme vous j'apprécie son zèle actif et intelligent. C’est lui qui a été le promoteur de 1 grande réunion des anciens élèves du collège de Suint-Hyacinthe. Je suis heureux de pouvoir lui en exprimer ma recoñnaissance, en le remerciant de l'hommage
qu'il fait rendre, en ce jour, à notre vénéré fonda-
teur, Ici encore, sont de respectables citoyens qui | me sont unis par plus d'un lien, et qui accroissent, l s'il est possible, l'intérêt que je porte à cette paroisse. ;
Le souvenir de ce jour et de la part que l'on a
bien voulu me donner dans cette fête, vous assure à
jamais et de ma reconnaissance et de mon admira-
tion.
Le discours de Mgr Raymond fut suivi de celui
de l'honorable M. Alexandre Lacoste. Le distingué mo
jurisconsulte joignit aux considérations profondes l'an Le)
du savant, les éloges dus aux illustres personnages
de sa paroisse, et avant tout, au vénérable fondateur
de son Alma Mater, La finesse de son esprit et la
que
)ASne, ent.
réu- 1yaner nage mda- S qui ssent, OISSE, ‘on à sure à
mira-
celui ingué ondes nages lateur et la
sensible gratitude de son cœur, lui permirent de les exprimer avec non moins de délicatesse que d'éloquence sincérité,
On retrouve rarement dans les hommes engagés presque exclusivement dans les questions légales et politiques, cette éloquence du cœur, cette effusion de sentiments tendres, cette note dominante et douce de la sensibilité. Habitués qu'ils sont à délibérer, à lutter dans l'arène du droit, à défendre ou à accuser, ils n'ont guère le plaisir de distribuer des louanges sincères et sans restrictions, Elles sont peu nombreuses les couronnes, que les avocats tressent dans l'accord et l'admiration unanime, Aussi s'explique-t-on leur joie eXpansive, quand enfin il leur est permis de parer un noble front de fleurs, que n1 adversaires, ni ennemis n'oseront flétrir ou effeuiller.
M. Lacoste est heureux de prendre part à la démonstration de ce jour. Ille dit, et sa Joie émue le dit autant que ses paroles. . “ Dieu a mis dans mon cœur, dit-il, comme dans celui de tout homme, l'amour du lieu natal.”
Pour lui, il le proclame hautement, il aime ce théâtre des jeux de son enfance, ce village qui se
mire dans le grand fleuve, témoin des courses, des
aventures et des espérances de sa jeunesse. Te, est la maison paternelle, ce foyer de l'amour le plus pur ici-bas. Ïl aime ce temple, où il a éprouvé tant d'émotions diverses et où repose une part de ses plus chères affections : les restes de sa mère, dimidium anime su.
Il est fier de Boucherville. “Eh! s'écrie-tl, “ comment ne le serais-je pas ? Quel homme pourrait “ donc être orgueilleux de son village, si un enfant “de Boucherville ne l’est pas du sien? Quelle pa- “roisse a donné à la patrie et à la religion recor.- “ naissantes, un plus grand nombre de fils illustres ? “ Pour ne parler ici que des plus récents, J'aime à “nommer sir Louis-Hyppolyte Lafontaine, cette “large tete vraiment canadienne, ce sauveur de notre “pays, qu'il retira de l'impasse ruineuse où l'avait “acculé nos luttes de race et de parti; j'aime à “nommer le prêtre humble et grand, que nous glo- “rifions aujourd'hui, comnie un des plus insignes “bienfaiteurs de notre nation. Vous vous hâtez “d'ajouter avant moi le nom de l'archevêque vénéré
“qui préside cette cérémonie, l’apôtre dont le zèle a
‘évangélisé les peuplades de l’ouest, depuis la Ri-
“vière-Rouge jusqu'aux confins du Mackensie et de “PAthabaska,
LUTE, e rrait \fant > paeco tres / ne à cette notre ’avait ime à
s glo-
signes hâtez Dante OT rénére zèle à a Riet de
“Oui, je suis fier de mon village natal! et en re- “disant ses gloires, je sens mon cœur battre d’or- “gueil !?
N'est-ce pas là le chaud langage de l'âme ? l’expression candide d’une vive affection ? Dans le cœur des citoyens de Boucherville, de telles paroles durent faire vibrer bien des fibres et éveiller bien des échos.
Ce n'est pas nous qui contredirons à l’enthousiasme de M. Lacoste. Nous n’y voyons pas même la trace d’une légitime exagération. Il a demandé
“quelle paroisse a donné à la patrie et à la religion reconnaissantes, un plus grand nombre de fils illustres,” et nous en avons cherché une en vain. Vingt prêtres séculiers, des religieux, des religieuses en grand nombre, nos plus grands hommes d’État, nos citoyens les plus célèbres dans toutes les carrières, inscrits au catalogue de ses enfants ; c'est un titre sans pareil à l'honneur d’une petite paroisse,
Ouverte par le R. M. Nicolas B. de Boucherville, la liste de ces vingt prêtres s’est remplie, sans jamais voir pâlir son éclat.— Certes! sa gloire n'avait pas à baisser pour arriver jusqu'à Mgr Taché. On ferait une belle moisson pour la piété, si l’on glanait seu-
lement au passage, dans la vie des prêtres, rangés
sur la liste entre ces deux noms. Il suffit de nom-
mer messires Clément-Amable Boucher de la Broquerie, Jean-Baptiste Saint-Germain, décoré par Pie IX 1, Charles-Marie B. de Boucherville, Blyth, Trudel, Huet, Birtz, Lussier, Daigneau, pour évoquer toute une série de souvenirs pieux.
Depuis la Sœur Saint-Pierre, entourée dans le cloître de ses nièces et arrière-nièces, jusqu'à Mlle de Montizambert et jusqu'à Mme Taché, la liste des femmes héroïques à Boucherville, est longue ; brillante et admirable est celle des traits de leur sainteté.
Parmi les laïques, il n’est pas besoin de descendre pour passer des nobles fils et dignes successeurs du sieur Pierre Boucher, des de Sabrevois de Bleurv, des de Grosbois et de Niverville, à M. joseph-Antonin de la Broquerie, aux MM. Lacoste, père et fils, aux honorables Lafontaine, Sicotte, Viger et de Boucherville, tous quatre, à leur tour, premiers
1 M. Saint-Germain naquit à Boucherville, en 1788, et mourut à Saint-Laurent, en 1863, après avoir été curé de cette paroisse durant Stans. Mgr Bourget lui transmit, en 1863, de la part du Souverain Pontife, PieIX, une magnifique médaille, qu'il accompagna des lignes suivantes: ‘*N.S, P, le Pape, ayant appris tout ce que la charité ‘vous à fait faire pour les pauvres et l'éducation dans cette paroisse “et dans le diocèse, en contribuant puissamiment à la fondation de “deux communautés religieuses, me charge de vous témoigner sa ‘“ satisfaction, en me donnant l'honorable commission de vous remet-
‘tre une médaille, qui sera pour vous, je n’en doute pas, un souvenir ‘très précieux,”
en c'e per
de | lève dan,
vie,
Lee ministres du gouvernement des Canadas-Unis ou par de la Province de Québec,
th, Quelle paroisse peut se vanter d’une pareille noer blesse, dignement acquise, dignement continuée,
relivieuse, patriotique? Non, les citoyens de Bou-
Ke cherville n'auront Jamais trop de filial orgueil ; et Mile , Boucherville ne se glorifiera jamais trop de ses des | nobles enfants, Comme cette mère, d'une fécondité bril- merveilleuse, que nous voyons dans l'Énéide, monsain- crant toute joyeuse les cent fils qu'elle avait enfantés sur les sommets du Bérécynthe : la paroisse de la ndre Sainte-Famille peut montrer, pleine de fierté, les s du | glorieux fils de ses six fécondes générations. En eur y, {| eux elle trouve, comme la romaine Cornélie, ses -An- l plus beaux joyaux.
+ fils, j Coupons court à cette digression. Nous voulions + de résumer brièvement un discours, et nous voilà pris L | miers en fiagrant délit de commentaires. Aussi bien, sh c'est la faute de l'orateur lui-même, si une de ses He urut à !
durant verain s lignes harité \roisse ion de ner à
pensées en fait naître tant d’autres N ous revenons, AU
En second lieu, M. Lacoste ait qu'il de prendre part à cette solennité, en sa qualité d’é- if lève du collève de Saint-Hyacinthe. Il : ju
a coulé dans cette maison les huit plus belles
est heureux
“bmot- années de sa avenir e « . .. . \ Là L4 vie. La reconnaissance qu'il doit à ses dévoués
directeurs, rejaillit sur M. Girouard. On lui à appris, ainsi qu'à tous ses condisciples, à mêler ce nom vénéré à toutes ses joies et à toutes ses peines d'écolier.
Fnfin, comme canadien-français, M. Lacoste est bien aise de rendre hommage à la mémoire d’un grand patriote.
Notre partage, comme peuple, dit-il, n'est pas d’avoir un état de société à part, de poursuivre une politique séparée, de nous distinguer dans la carrière des armes. Notre pays marche dans une autre voie et réclame d’autres services.
Nous sommes entourés d’écueils et d’orages ; notre langue et nos traditions religieuses sont comme étouflées, dans un réseau toujours rétrécissant, de langues et de traditions étrangères. Cependant, à sucer de l'avenir par le passé, la grande mission que la Pro 'idence nous à confiée est pleine d'espérance. Comme la France en Europe, [a nation canadienne est, sur cette terre de l'Amérique du Nord, la filleaînée de l'église. Nous devons nous distinguer et dominer par l'intelligence, par la science, par notre adhésion à la vérité, par la haute éducation classique.
Dans la poursuite de ces nobles destinées, le
à àp- > nom
eines
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d'un
b pas 6e une | Car'-
une
; NOmine it, de nt, à n que ‘ance, ienne filleer et notre
lassi-
s, le
ferme appui. “M. Girouard il a dépensé ‘ grande mission.
“la plus pure.”
Voilà, ajouter
clergé est notre plus “la Compris : Sa Vie au succès de cette Voilà son mér
ite, voilà sa gloire
OnS-nous, le triomphe sance à ce pie dormait depui
revécu dans S
Préparé par la reconnais ux fondateur.
S Auarante-sept an à paroisse d'une splendeur
mémoire de sa v
Celui qui S avec les morts, à réjouie, ses vertu
S Ont relui neuve, les exemples et ]
à pieuse 1e CoOntinueront d'édifier et d'i
instruire,