‹ Une vieille seigneurie, Boucherville [microforme]Chapitre 6 sur 90 · NAISSANCE DE GENEVIÈVE BOUCHER, NOTRE FILLE · texte numérisé non relu

NAISSANCE DE GENEVIÈVE BOUCHER, NOTRE FILLE

on lit ce qui suit : ‘ Elle vint au monde le dix-neuf d'aoust 1676, environ sur les six heures du soir, un mercredy... Nous l'avons présentée à Dieu par les mains du Père Régis, de la Compagnie de Jésus, que je prie de vouloir bien être son protecteur et deffenseur. Elle fut baptisée letrente du même mois par M. Caumort, »£<tre curé, et tenue sur les fonds de baptème par M. et Mme de Repentigny, et nommée Geneviève, ;

‘* Comme je ne sais pas, ma chère fille, quand je vous quitteray et que Dieu m'appellera à lui, voicy ce que je vous recommande, en cas que je meure avant que vous ayez l'usage de raison :

‘ Premièrement, d'être bien dévote, de vous recommander à votre protecteur le Père Régis : C’est un homme mort en odeur de sainteté et qui fait beaucoup de miracles. J'espère qu'il vous obtiendra la grâce d’être une bonne servante de Dieu et de la Ste Vierge. Je vous recommande, ma chère enfant, une grande dévotion à Jésus,

rons,” afin d'apprendre leur langue !. On pouvait attendre une belle carrière de celui qui s'était soumis, tout jeune encore, à un pareil noviciat de la vie des bois. Il combla {es espérances.

Revenu à Québec, il entre dans la garnison, remplit, à la satisfaction de tous, en maintes circonstances importantes, son office d’interprète, parvient au grade de caporal, puis bientôt de sergent, prend part à plusieurs expéditions contre les Iroquois, et s’y fait remarquer par une prudence qui n'a d'égale que sa bravoure.

Il était à la suite de M. de Montmagny, dans le combat livré à deux cents Iroquois, sur la rivière Richelieu, en 1643. Les ennemis furent repoussés “avec perte de leur côté,” malgré leur

attaque subite et ies cmbuscades dans lesquelles il

Marie et Joseph, à votre bon ange et à votre patronne Ste Geneviève. Quand vous serez en âge de choisir vn état de vie, recommandez bien l'affaire à Dieu et à la Ste Vierge. J’riez le Père Régis de vousobtenir les lumières nécessaires pour uue affaire si importante. : Prenez conseil de quelqu’homme de bien et suivez ce qu’il vous dira, après que vous luy aurez fait connaître le fond de votre âme ; maïs dans quelque état que vous soyez, tâchez d'acquérir la perfection du dit état. Souvenez-vous toujours que vous n'êtes en ce monde que pour Dieu et pour travailler à votre salut. Pour cet effet, fuyez toute mauvaise compagnie ; aimez les gens de bien, parcequ'ils sont serviteurs de Dieu. Soyez charitable, humble, chaste, patiente et dévote. Evitez la compagnie des libertins, qu'il faut plus fuir que le diable

1 Extrait des Mémoires de M. Boucher,

pouvait ait SOU-

le la vie

)n, remcirconsparvient +, prend quois, et

a d’égale

ny, dans , sur la s furent gré leur

uelles il

Geneviève.

andez bien e vous-obtete. Prenez k dira, après mais dans tion du dit le que pour toute mauserviteurs ote. Evitez

s'étaient flattés de faire tomber la petite troupe française.

Deux ans après, il mit en fuite, sur le lac Saint- Pierre une autre bande d’ennemis, qui échappèrent “ à la faveur d’une nuit très obscure ” 1.

L'année suivante, le fort de Bécancourt assiégé par les Iroquois, le voyait se distinguer parmi les plus braves. La lutte fut plus longue, cette fois, à cause de la mésintelligence qui régnait parmi les officiers, et, selon l'expression des Mémoires, “ de la mauvaise conduite de ceux qui commandaient, ” mais à la fin les Sauvages furent forcés de se retirer. | |

Après cette expédition, M. Boucher fut chargé du soin des magasins de Trois-Rivières ; et, en 1649, M. d’Ailleboust, successeur de M. de Montmagny, “ l'en établit commis en chef” Les Iroquois faisaient alors. de suprêmes efforts pour ruiner la Colonie, On sait que le troisième gouverneur de la Nouvelle-France, eut la douleur, faute de secours, de ne pouvoir pendant un temps réprimer leur audace.

Trois-Rivières était un des principaux bourgs

1 Ferland t, III, ec. VI.

fortifiés, et de tous peut-être, le plus menacé. Satisfait de la conduite de M. Boucher dans son dernier emploi, et instruit de ses » tes de bravoure, M. d’Aïlleboust lui donna “une commission de “ capitaine des habitants des Trois-Rivières, avec ‘“ ordre de les exercer au manîiment des armes, de “ faire tenir leurs armes en état, de ne laisser sortir “ personne sans armes, et de faire entourer de ‘“ palissades le Bourg de Trois-Rivières ” ! Il me donna plusieurs autres ordres, ajoute-t-il lui-même avec candeur, que j'exécutay entièrement.

Cette même année, M. de Lauzon succéda à M.

d’Ailleboust. Il augmenta les pouvoirs de M. Boucher, et lui ordonna de fortifier Le Bourg, en prévision du siège dont ils étaient menacés de la part des Iroquois, et d’obliger les habitants de faire la garde ?. Au mois de mai de l’année suivante, 1653,

dit-il encore lui-même, “M. de Lauzon m'envoya

“ des provisions de Lieutenant Civil et Criminel “de Mons. le Grand Sénéchal de la ‘Nouvefle-

“HT ON 9f

MTL ET

1 Mémoires, 2 L'abbé Faillon a décrit, dans son Histoire dela Colonte française en Canada, la ville de Trois-Rivières, telle qu'elle était après ces fortifications et sous le gouvernement de M. Boucher. (t. III, p. 373). ‘‘ Elle était enfermée, dit-il, dans un carré d'environ quatre- ‘{ vingts toises sur cent, mais brisé à deux de: ses angles, à cause des

menacé.

ans. Son ravoure, sion de es, avec rmes, de er sortir urer de

Il me

lui-même

éda à M.

à M. Bou- , en prée la part » faire la te, 1653, envoya Criminel Nuuvefle- Œ on

yet

olonie fran était après (t. IL, p.

iron quatre à cause des

“ France, son fils, pour la juridiction des Trois- “ Rivières, charge -que j'ay exercée jusqu'à ce que “ le Roy, ayant repris le Pays, y changea la justice.”

Il n'avait reçu cette dernière commission que depuis quelques jours, quand M. de la Poterie, alors gouverneur de Trois-Rivières, obtint un congé de quelques mois et descendit à Québec. M. Boucher avait toujours été son homme d'action et son homme de conseil : il fut appelé au gouvernement durant son absence.

Il avait trente ans. Son courage fut alors de ceux qui comptent dans la vie du Canada.

Plusieurs fois repoussée déjà par le brave capitaine, la tribu des Agniers avait, dans le mois d'août, 1653, réuni cinq cents guerriers, et s'était jetée sur le fort, afin de s'ouvrir, en le rasant, la porte de la Colonie !. Brave entre les braves, disaient-ils, et

‘accidents de terrain. Cette enceinte formée de pieux avec trois ‘redoutes aux angles et plusieurs bastions, renfermait l’église, la “maison du gouverneur et une trentaine de maisons, sans compter ‘‘ quelques autres qui étaient hors de l'enceinte et protégées par le ‘moulin. Ce moulin, comme une sorte d’avant-poste, avait été cons- ‘‘truit à quarante toises sur un plateau de trente qui joignait l’en- ‘“ ceinte ; et sur ce plateau on voyait des pièces de canon, et tout

‘auprès une redoute isolée, pour protéger les artilleurs et leur servir ‘au besoin de lieu de retraite. .. .”

1 Relations des Jésuites, (1653.)—FERLAND, t. III, c. IX‘ Les cinq cents Iroquois, dit l'abbé Faillon, après avoir fait cacher de leurs

honoré entre tous, serait, chez les cinq nations,

celui qui rapporterait la chevelure du jeune chef

pâle de Trois-Rivières.

M. Boucher avait à ses côtés quarante-six

hommes.

Il comprit qu'en sauvant ou en perdant Trois-

Rivières, on allait sauver ou perdre la Nouvelle-

France. Calme pourtant, et confiant en Dieu, il se

prépare à la résistance. Avant d'offrir à ses com-

pagnons l'exemple d’une adresse consommée, il leur

offrit celui d’une rare vertu. Il est bon, pensait-il,

avant de tirer ses balles, de lancer sa prière à Dieu ;

rien n’est plus terrible que la force du vrai soldat :

unie à celle du vrai chrétien ; il savait que la piété

contribue au perfectionnement de la valeur mili- F

taire, qu'on ne perd rien en courage parce qu’on

cherche à unir la gloire de Jésus-Christ à celle de la

patrie, la palme du martyre aux lauriers de la vic-

toire.

Il se met donc à genoux avec les siens, prie, se, À relève plein d’ardeur, s'avance au nom du Père et du

gens, dans les environs de cette dernière place, avaient attaqué le Tort, le 23 août ; et voyant qu'on les recevait à coups de canon, s'étaient jetés sur les bestiaux et avaient mis le feu aux blés des campagnes voisines,” (t. IT, p. 165.)

ation, ne chef

ante-six

tr Troisrouvelleiuu, il se ses COMée, il leur pensait-il, e à Dieu; rai soldat leur milirce qu'on celle de la

de la vic-

S, prie, se .

Père et du

ttaqué le Fort, non, s'étaient es campagnes

Page 1