‹ Une vieille seigneurie, Boucherville [microforme]Chapitre 60 sur 90 · SE · texte numérisé non relu

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rendit jusqu’à Mackinaw. C’est là qu'il fut rejoint par Louis Jolliet.

Déjà à cette époque la Nouvelle-France avait l'avantage de posséder une maison de haut enseignement. Jolliet, né au Canada, avaic étudié au collèce des Jésuites, à Québec. Son succès dans les mathématiques et autres branches, avait attiré l'attention, et le comte de Frontenac lui confia la mission honorable de poursuivre, quoique jeune, le projet de la découverte du fleuve, qui coulait, croyait-on, vers la mer de l’ouest.

Jolliet se rendit auprès de Marquette, et, au printemps de 1673, tous deux se mirent en route.

L'amour de la science humaine et une légitime et juste ambition animaient le cœur du jeune hydrographe ; le désir de faire connaître la science divine et une ambition plus sainte et plus légitime encore que celle de son compagnon, faisaient battre le cœur du jeune apôtre Ces deux intelligences d'élite, ces deux nobles cœurs se comprirent facilement : le succès le plus complet couronna leur entreprise et le Mississippi fut découvert.

Ce voyage surexcite le zèle du courageux jésuite. La vue des tribus sauvages qu’il avait rencontrées

l'appelle à de nouvelles conquêtes, et l’année sui-

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vante, il s'enfonce dans le pays des Illinois. La maladie l'atteint mais ne l’arrête pas ; il se traîne à peine mais il continue son voyage ; trop faible pour marcher, on doit le porter, et il avance encore. Enfin, après avoir passé l'hiver au milieu de scs heureux Illinois, il se remet en route pour revenir à sa mission de Mackinaw, pour ouvrir son cœur à un frère, lui confier son œuvre et, au besoin, recevoir les consolations du moment suprême. Ces consolations furent remplacées par celles du ciel, car le 19 Mai 1675, le Père Jacques Marquette remit son âme à Dieu, près de la plage du lac Michigan,

Moins heureux que les pèlerins an tombeau de Jacques Marquette, nous ne pouvons visiter ni le lieu où il est mort, ni celui où il repose. Suppléons à cette impuissance en allant visiter l'endroit de Boucherville où il a prié, où il a baptisé, où il a offert l’adorable sacrifice de nos autels, et où il a béni le fondateur de cette seigneurie et sa famille. Cette bénédiction de l’apôtre, j'en ai la douce conviction, a contribué à la sanctification de M. Boucher et des siens. La petite Marie KiSentase, ondoyée à Sorel, mais qui recevait à Boucherville

l'onction sainte du baptême, était tenue sur les

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