‹ Une vieille seigneurie, Boucherville [microforme]Chapitre 68 sur 90 · SON · texte numérisé non relu

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lage,

de nouveaux sacrifices de la part de son père et le secours dévoué de sa sœur aînée devenue institutrice, lui permirent de continuer là ses études jusqu'en rhétorique. Il revint à son cher collège de Saint-Hyacinthe pour le cours de philosophie.

L'élève philosophe eut des succès satisfaisants, tels qu'on pouvait en attendre de son application, de son esprit sérieux et droit, de son grand amour de la vérité.

Arriva enfin le moment solennel de choisir un état de vie. Après de rudes épreuves, le collégien

allait atteindre le but désiré : il était sur le seuil de

- Ja vie réelle, et devant lui s'ouvraient toutes les

carrières, avec leurs illusions, leurs honneurs, leur liberté, leurs plaisirs, ou bien avec leurs sacrifices, leurs humiliations, leur obéissance et leur dévouement. Il n'hésita pas un seul instant: son ambition, nous venons de le dire, était dirigée vers le sacerdoce ; il n'eut qu'à obéir à l'attrait irrésistible qui l'y entrainait.

Pas une arrière-pensée, pas même un retour de l'imagination, ne lui fit un moment regretter la séduisante liberté que le monde présente aux regards de la jeunesse ; ne lui fit envier les joies, les triom-

phes, les gloires dont il l’enivre, les fleurs dont il

jonche sa route. Dans l’âpre sentier où il avait engagé ses pas, il voyait Jésus et son autel, des tristesses et des malheurs à soulager, des pauvres à secourir, des âmes à sauver ; et pour son cœur, c'était le seul spectacle séduisant,

L'élève de philosophie devint donc ecclésiastique et professeur. II fit alors de son temps deux parts : à la régence fut consacrée la première, l’autre à l'étude de la théologie.

Quatre ans plus tard, le 9 août 1857, Mgr Bourget ordonnait le jeune ecclésiastique, dans l’église de Châteauguay.

Ce fut pour le R. M. Primeau un jour d'indicible bonheur, auquel toute sa vie n'avait été qu'une préparation. Pour son père et sa mère, ce fut le jour le plus saintement joyeux de leur vie. Quand Mme Primeau s'agenouilla aux pieds de son fils, pour recevoir sa bénédiction, des larmes de joie inondérent ses yeux. Leur enfant était prêtre! Ah !

comme leurs sacrifices et leurs travaux étaient bien

payés ! Ils les auraient recommencés cent fois, si

c'eût été possible, pour mériter une pareille faveur. M. Primeau disait encore dans sa vieillesse: ‘Si, après mon mariage, on m'eût dit que j'aurais plus

tard un prêtre dans ma famille, j'aurais été si con-

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tent, je crois, que je n'aurais plus ressenti mes fatigues et me serais fait mourir à travailler.”

Ce bonheur inespéré lui était enfin venu, et dans sa vertu naïve et sa reconnaissance, il eût volontiers comme le vieillard Siméon dit son MNunc dimittis, pour aller en remercier Dieu au ciel.

M. l'abbé Primeau avait alors vingt-sept ans. Son premier vicariat fut celui de Berthier, où il demeura deux ans. De là, il fut envoyé à Saint-Barthélemy, puis, deux ans ajrès, préposé à la desserte intérimaire de la paroisse de Saint-Cyprien, durant le voyage en Europe de M. le curé Morrisson. Le 30 septembre 1863, Mgr Bourget l’appela à la cure de Saint-Patrice de Sherrington, où il demeura quatorze ans.

Vicaire, M. Primeau avait gagné l'estime des curés et des fidèles, partout où il avait exercé son ministère. Il avait acquis pour lui-même une connaissance plus grande du prix des âmes ; l'exercice de ses fonctions avait développé en lui cet instinct de charité et de dévouement dont le ciel l'avait doué. Il était parfaitement préparé à l’œuvre d’un bon curé.

Cette œuvre est grande ; c'est une des plus admi-

rables que l’homme puisse accomplir sur la terre, et

rar

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