EL
promesses et revinrent quelque temps après, avec leurs prisonniers, entre autres avec le jésuite Poncet, qu'ils avaient fait captif au Cap-Rouge, le vingt août précédent, avec un français nommé Mathurin Franchetot !, Dans cet intervalle, M. de La Poterie revint à Trois-Rivières et M.
Boucher, lui en ayant remis le gouvernement, partit avec ses sauvages pour Québec. Le Gouverneur le reçut avec joie et.en lui manifestant la plus vive reconnaissance. “ Ha! que vous avez eu de bonheur, lui dit-il en l’embrassant, d’avoir si bien conservé votre poste, car sy les ennemis eussent pris les Trois-Rivières, tout le pays estait perdu !”
Il lui exprima en même temps la douleur qu'il éprouvait de ne pouvoir récompenser dé si brillants services, mais la Colonie était si pauvre qu'il n'avait pas “de quoy payer les officiers.” Tout ce que je puis faire, reprit-il, c'est de vous donner le commandement de la ville que votre valeur guerrière à sauvée.
Dès lors, en effet, des commissions furent expédiées à M. Boucher, lesquelles portent, qu'elles lui
1 Journal, des Jésuites.--Relation de 165%,
Ecole normale st-Viateur ds us RIGAUR 7
ont été données pour le récompenser d'avoir sy bien deffendu cette place.
Nous n'avons pu trouver la minute de cette commission. Et c'est probablement pour en avoir été privé comme nous, qu'un historien a cru que M. Boucher n'avait été investi officiellement de cette charge qu’une fois, en 1663, par M. de Mésy. Il est vrai qu'il reçut, en 1663, une commission de M. de Mésy.—et celle-là nous la citons !, Mais ce n’est pas une raison suffisante pour pouvoir douter, en face du manuscrit que nous avons sous les yeux, qu'il ait également reçu une première fois, une commission semblable, en récompense dé sa glorieuse victoire. Du reste, les faits et les dates ne contredisent en rien cette double noinination. La première se fit en 1653, et c’est après avoir commandé à Trois-Rivières “en qualité dé gouvérneur pendant quatre ans,” que M. Boucher démanda à M. D’Argenson “à se retirer sur son bien ; cé qui, écrit-il, me fut accordé avec peine. ”
Or, ce n’est qu’en 1663, comme nous venons de lé
vèir, èt Après son voyage en France, qu'il fut rappelé au BgouVérnéement dé Trois-Rivières. “ Le
Voyez à la fin de cet ouvrage, Notes et documents I,
ble noiniest après qualité dé . Boucher
r sur son
1 fut rap-
jour même que M. de Mésy nommait M. de Maisonneuve gouverneur de Montréal, dit l'abbé Faillon, il appelait M. Pierre Boucher à remplir les mêmes fonctions dans tout le pays des Trois-Rivières ” !.
“Il résidait dans le pays depuis trente ans,” dit encore le même historien, en racontant les circonstances du départ de M. Boucher pour la France, et avait méme été gouverneur des Trois- Rivières. Il ajoute, quelques lignes plus loin : 4. de Mons étant monté de Québec aux Trois-Rivières en un jour, il établit de nouveau gouverneur de ce dernier poste M. P. Boucher, qu'il avait ramené de France avec lui....”* Rien donc ne nous empêche de croire que la première comme la seconde nomination ait été officielle.
La seconde, comme on peut le voir dans les Motes et documents, renferme une belle appréciation des qualités du brave souverneur. Fidélité au service du roi, valeur, expérience, sage conduite au fait des armes, ce sont les qualités que M. de Mésy énumère en l'appelant au gouvernement d’un des postes les plus importants de la Nouvelle-France.
1 Histoire de la Colonie française en Canada, t. IT, p. 19. 2 t. LE, p. 498.
ee