DANS L’EMBRASURE D’UNE FENÊTRE
Vous n’ignoriez pas ce que le monde disait, mais à quoi bon rappeler à votre pensée des faits qui vous auraient indisposée contre lui ? Il venait tous les soirs, et d’ailleurs ce que j’éprouvais me fit bientôt oublier M me de Mendoze. Mes pensées étaient toutes à lui; je n’en eus plus une seule pour elle.
— Malheureuse femme, dit la marquise, et singulière destinée ! Toi qui lui avais montré un intérêt dont elle était privée, c’était toi qui devais épouser l’homme qu’elle aimait avec une passion si profonde.
— Savez-vous ce qu’elle est devenue, maman?
dit Hermangarde. Je n’en ai jamais parlé à Ryno.
— M mc d’Artelles' et M. de Prosny disent tous deux qu’ils l’ont aperçue dans une des tribunes de Saint-Thomas-d’Aquin, à ta messe de mariage. Elle aura voulu voir la consommation de sofa malheur de ses propres yeux. Elle a, ce jour-là, cruellement expié ses fautes... Les femmes seules peuvent comprendre ce qu’elle a déployé de courage. Te doutais-tu, ma pauvre fille, de tout ce que tu faisais souffrir?
— Ah ! si je l’avais su, ma mère, je n’aurais pas été si heureuse!
— Depuis, reprit M n,e de Fiers, nous sommes arrivés ici, et il paraîtrait qu’elle serait devenue notre voisine. M. de Prosny, qui est bien le meilleur timbalier de nouvelles qui soit dans Paris, a écrit dernièrement à M n,e d’Artelles que M me de Mendoze était retirée à son château de la Haied’Hectot. Si elle y est, elle vit furieusement soli-