Jeudi se dit en arabe Elkhemis
2. Mort à Marrakech, Mouley Rechîd fut transporté à Fès, et enterré dans la qoubbade Sidi Harazem, près de Bab Fetouh.
3. Les ponts sont fort rares au Maroc, et ceux qui existent ont été jetés sur des cours d'eau de peu d'importance, où leurs constructions ne pouvaient présenter de grandes difficultés ; aussi le pont du Sebou, unique en son genre, est-il l'objet de l'admiration des indigènes.
4. Echcheratin... les Gordeliers. La rue porte encore ce nom aujourd'hui ; elle était anciennement occupée par des établis de cordeliers.
qu'avec appréhension, et d'une façon passagère, que
les princes Alaouides venaient alors habiter leur palais de Fès Eljedid, au milieu des turbulentes et exigeantes
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tribus du Guich, et près de la population citadine, frondeuse et pleine de morgue, de Fès Elbâli.
Mouley Ismaïl poursuivait même les habitants de Fès d'une haine telle, qu'à la suite des vexations qu'il leur faisait subir, ces derniers commencèrent à émigrer, et la ville se dépeupla. Aussi ce prince, qui disposait pour ses travaux de tant d'esclaves chrétiens, et qui fut à Meknès un si grand bâtisseur*, ne laissa-t-il pas de monuments à Fès. Il n'en fut pas de même de ses successeurs^.
Mouley Abdallah, son fils, élera à proximité du palais, la mosquée qui porte son nom, et où se trouve son tombeau. 11 y adjoignit, pour les étudiants de Fès Eljedid, la medersa qui existe encore. C'est aussi au règne de ce prince que remonte la création du parc du Dar Eddebibagh, situé à 3 kilomètres environ de Fès Eljedîd, dans la direction de Ras Elma, et dont le nom se retrouve souvent dans les chroniques des deux derniers siècles.
Lors de son avènement au pouvoir, en 1729, Mouley Abdallah eut à soutenir un long siège contre Fès. Aucours des opérations d'investissement, que dirigeait le fameux Ripperda, il campait avec ses troupes à l'emplacement du Dar Eddebibagh actuel^; il y construisit une maison et y fit des plantations. Il dut souvent s'y
1 . Mouley Ismaïl voulait imiter à Meknès l'existence de Louis XI V à Versailles. La gloire du roi de France l'avait beaucoup frappé. On sait qu'il avait envoyé à Versailles un ambassadeur, Ben Aïssa, demander la main de M"« de Gonti; lui-même reçut un ambassadeur français, le baron de Saint- Amand.
2. On sait pourtant (voir chap. I") que Mouley Ismaïl lit agrandir et réparer la Zaouiya de Mouley Idris.
3. L'endroit portait déjà son nom qui signifie en arabe la maison du petit tanneur; mais il n'y existait alors aucune construction importante.
réfugier au cours de son règne fort troublé, lorsque les séditions le contraignaient à fuir de Meknès ou de Fès, et cette maison de campagne devint son séjour de prédilection*. Il songea même à en faire une ville, car à la fin d'un autre siège de Fès, en 1747, une des conditions qu'il imposa aux habitants de Fès Eljedîd était de détruire les maisons que les Arabes révoltés possédaient en ville pour les rebâtir ensuite avec les matériaux de démolition à Dar Eddebibagh^.
Le Dar Eddebibagh resta dans Télat où le laissa Mouley Abdallah jusqu'au règne de Mouley Elhasen, qui le répara. Fort modeste d'apparence, le château ou plutôt la maison de campagne du sultan, aurait l'air d'une grande ferme carrée sans la petite mosquée dont le minaret apparaît au-dessus des murs d'enceinte. En dehors de l'habitation proprement dite se trouve un enclos où l'on peut faire camper des troupes. Le parc fort spacieux et entouré seulement d'une haie deroseaux donne à l'ensemble l'aspect pittoresque d'une sorte d'oasis dans la plaine humide et nue de Sais.
Les princes Alaouides témoignèrent comme les Mérinides une grande sollicitude pour l'instruction et semblent avoir voulu donner un éclat nouveau à TUniversilé Idrissite, qui n'avait pas traversé sans en souffrir la période tourmentée qui suivit la mort de Mouley Ismaïl. Toutes les medersas de Fès dont nous n'avons pas mentionné la construction par les Béni Merin^ furent élevées par eux. Le fondateur de la dynastie, Mouley Rechid, fit construire la medersa Echcheratin. Mouley