Voir chapitre IV
2. Les babouches en cuir jaune fabriquées à Fès sont vendues en gros à la criée au souq Essebat pour être expédiées en Egypte, en Algérie et au Sénégal, ainsi que dans les autres villes du Maroc-
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sont toujours établis sur les bords de l'Oued Elkebir ; près d'eux, une rue entière est occupée par les Serrarin^ qui taillent les crosses et montent les longs fusils à pierre dont les indigènes, malgré l'introduction des armes modernes, sont toujours très amateurs. Aux abords de Qarouiyin, une rue, la même depuis des siècles, est réservée aux « Adoul* », et à leurs échoppes; Léon TAfricain en fait déjà mention.
Dans tout le centre de la ville, qui est aussi la partie basse, les rues sont étroites et sombres; plusieurs sont voûtées, et certaines promenades dans les quartiers de Gerniz et de Qalqliyin semblent être parfois des excursions souterraines. Mais dans la partie supérieure de Ras Eljenân et de TAyoun, un magnifique quartier de jardins dominant la ville s'étend le long des remparts, jusqu'à Bou-Jeloud. C'est là que se trouvent les consulats de France, d'Allemagne et d'Angleterre, les seuls existant encore à Fès, et le parc de Bennis, où logent les ambassades extraordinaires envoyées auprès du Sultan.
L'Oued Elkebir, qui entre en ville par Bab Eljedid, pittoresque passage à moitié caché dans la verdure, séparait jadis les deux Adoua. Toute la partie de la ville située sur la rive droite, et qui formait l'Adouat Elandalous, porte seulement, maintenant, le nom de Eladoua. De même que Eilemtiyin et Elandalous, l'Adoua se compose de six quartiers : Keddan, Mokhfiçi, Sid Elaoudy ElqouaSy Eldjezirn et Derb Mechmecha.
L'Adoua n'a pas eu les destinées de son ancienne rivale de la rive gauche; elle ne possède plus, comme
1, Adoul est le pluriel d'Adel, notaire.
au temps des Idrissites et des Zenata, de qaïseria et de souq à elle propre, mais les marabouts, les zaouiya et les vieilles mosquées silencieuses y abondent; ses rues tranquilles et pittoresques sont recherchées des tolba et des pieux croyants qui y tiennent leurs rêves
L'Oued Fès à Bab Jedid.
sacrés à l'abri des vaines agitations du siècle. La partie inférieure de l'Adoua est arrosée par l'Oued Mesmouda, branche canalisée de l'Oued Fès, qui prend à sa partie supérieure le nom de Oued Ezzitoun, rivière des Oliviers, en souvenir de l'Olivette, où campa, à son arrivée à Fès, le premier émir Zenati, Ziri ben Atia. On peut voir encore près de là Bab Elhamra, qui est l'ancienne porte Zitoun Ben Atia, murée depuis longtemps, de
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l'Adouat Elandalous. L'Oued Mesmouda doit son nom à ce que le Mokhfia qu'il traverse était l'emplacement concédé, à l'origine de la ville, à la tribu berbère de Mesmouda.
A l'antre extrémité de l'Adoua, au-dessus du pont de Beïn Elmoudoun, est le Keddân; c'est le Remila* du Roud Elqartas, où campa d'abord Mouley Idris, lors de la fondation de la ville. Un carrelage en mosaïque marque la Mzarn, place où, selon la légende, le saint chérif venait s'asseoir en surveillant les travaux. A quelques pas plus loin, dans la même ruelle, se trouve la plus ancienne mosquée de la ville, Jamaa Ennouar^ construite près du puits où se réunissaient les cheikhs de Mouley Idris.
Entre le Mokhfia et le Keddân, la mosquée des Andalous marque le centre de l'Adoua, mais elle se trouve maintenant à l'extrémité de la partie peuplée de la ville. A l'est do cette mosquée, jusqu'au mur d'enceinte, la partie supérieure de l'Adoua semble une casba do caïd bédouin. Dans de petits villages de huttes disposées oà et là. au hasard d'un sol rocailleux, habitent des Doui Menia et des Oulad Elhadji cultivateurs ou gardiens de troupeaux dans les environs. A Guerouaoua, près de l'ancienne porte Bab Elkhoukha, les Fakharin, potiers briqueliers, ont établi leurs fours et leurs séchoirs à l'ombre d'oliviers séculaires. Entre Bab Elkhoukha et Bab Fotouh, sous de hauts pansde murs paraissant dater des Almobades, se trouve le Tamdert, enclos réservé aux mules de bât du Sultan. Vis-à-vis de Bab Fetouh, le fondaq de Marrakech jette un peu d'animation au milieu do ces quartiers désorts ; c'est dans ce fondaq