‹ Une ville de l'Islam: FèsChapitre 45 sur 53 · Voir chapitre V · texte numérisé non relu

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il ne satisfait pas ses exigences. Or, les Sultans doivent compter avec Topinion de la capitale intellectuelle de leur empire, car son opposition, qui recherche presque toujours des prétextes dans l'intransigeance religieuse, s'appuie sur les chorfa et les ouléma et a sa répercussion dans tout Tempire, surtout dans la région insoumise des Berabers. Les Maures de Fès en ont profité pour conserver leurs corporations, que signale déjà Léon l'Africain, et certains privilèges qui les défendent dans une certaine mesure contre les abus de pouvoir et les vexations, plus fréquentes de la part des autorités dans les autres villes du Maghreb.

Le gouverneur de Fès Elbâli est habituellement choisi parmi les hauts fonctionnaires du Makhzen, mais, par déférence pour la population, on lui adjoint toujours un Khalifa, lieutenant, choisi parmi les notables négociants de la ville. Il siège au Dar Bouâli, grande maison sans apparence située dans une ruelle étroite du quartier de Kettanin *. Une cour entourée d'arcades où peuvent attendre les plaignants, une longue salle blanchie à la chaux où le pacha assis sur son tapis de prière ^ écoute les réclamations diverses qu'on lui apporte et interroge les délinquants ; près de lui un secrétaire, à la porte quelques mokhaznis : tel est le décor dans lequel le gouverneur de la capitale du Maroc exerce ses fonctions. La vie publique est toujours au Maghreb d'une extrême simplicité.

Le gouverneur a sous ses ordres directs les moqad^

1. Le Dar Bouali est depuis longtemps affecté à l'administration de Fès. Au-dessous de la maison sont de vastes sous-sols qui servaient autrefois de prison.

2. Les Maures aisés emportent toujours lorsqu'ils sortent leur lebda, pièce de feutre sur laquelle ils s'assoient et qui, dépliée, leur sert de tapis de prière.

demin des différents quartiers, chargés de le renseigner, de maintenir l'ordre, de recueillir les contributions de chacun pour la kediay enfin de fermer vers dix heures du soir, et plus tôt en temps de trouble, les portes des quartiers. Le moqaddem est un agent très subalterne ; ne recevant pas d'appointements, il vit des libéralités des notables dont il est en réalité le serviteur. Les autres fonctionnaires sont les Oumana chargés de la perception de r « achour » et des taxés diverses et le Mohtaseb qui exerce la police des marchés et fixe le prix des diverses denrées alimentaires. De même que le Khalifa du gouverneur, Oumana et Mohtaseb sont toujours choisis parmi les notables de la cité.

Toutes les villes importantes du Maroc ont leurs oumana et leurs mohtaseb : ce qui distingue Fès c'est la puissance de son organisation corporative.

Les négociants, les différents corps de métiers et même de simples associations comme celles des portefaix zerzeï ou des courriers raqqas, ont à leur tête des syndics, les aminnt *, chargés de parler au nom des corporations qu'ils représentent et d'exercer sur elles une certaine surveillance. Les aminât sont des auxiliaires du pacha : si une corporation est frappée d'une amende collective ou si l'usage lui impose telle contribution pour la hedia par exemple, Tamin est chargé de recueillir les fonds; c'est aussi à lui que l'on s'adressera pour désigner et rassembler les ouvriers ou les marchandises nécessaires en cas de réquisition. Les Maures de Fés évitent ainsi l'ingérence redoutée des pouvoirs publics dans leurs affaires, car l'amin est bien

1. Ce pluriel de amin est employé exclusivement avec signification de syndic des corporations; on emploie dans les autres «as la forme Oumana.

moins un agent du Makhzen qu'un représentant de la corporation dont il fait partie ; c'est la corporation qui l'a présenté à la nomination du pacha et c'est elle souvent qui réclame son changement.

Si la grande cité mauresque ne possède pas l'auto-

Cliché Jaffary

Fès Elbali; vue prise d'un des mausolées mérinides.

nomie administrative telle que nous la concevons, elle a pu, de cette façon, conserver à chacun des groupes^ qui la composent beaucoup plus de privilèges traditionnels et de liberté que dans les autres villes du même pays : le gouverneur renvoie devant un jury de négociants la plupart des litiges commerciaux qui lui sont soumis ; les corps de métiers possèdent aussi leurs experts pour déterminer la valeur ou la qualité de tel

ouvrage en cas de contestation, et servir au besoin d'arbitres. L'expert ou Tarbitre joue, d'ailleurs, un grand rôle à Fès et n'existe pas seulement pour les corporations : les querelles relatives à la répartition des eaux sont tranchées par les moualin elmay les questions de bornage par les chioukh ennedar, les affaires agricoles par les chioukh elfelakay etc. Il est à remarquer que les chorfa possèdent aussi leur juridiction d'exception : sauf en cas de flagrant délit ou quand Tordre public l'exige, le gouverneur ne peut faire emprisonner un chérif sans l'autorisation du Mezouar, chargé par le Makhzen de la surveillance et de la police des descendants du prophète. Il existe à Fès des mezouar^ spéciaux pour chacune des principales souches ou familles de chorfa; on choisit habituellement pour remplir cet emploi le moqaddem de la zaouiya consacrée au fondateur, ou à un marabout renommé de la famille : le moqaddem de Mouley Idris par exemple est le mezouar des Idrissites^. Le mezouar n'est pas seulement chargé de la police mais aussi de la protection des chorfa; c'est à lui que s'adressent ceux d'entre eux qui n'ont pas d'autre appui quand ils sont injustement lésés.

Tout cet organisme administratif, resté à peu près intact depuis les M^érinides, diffère peu de celui de nos villes du moyen âge, avec leurs échevins, leurs prévôts des marchands et leurs corporations. Mais plus encore que l'administration ^ la vie sociale rappelle notre moyen âge.

1. Le mezouar est au Maroc ce qu'est en Orient le naqib elachraf.

2. Les chorfa originaires de Tiemcen ont aussi leur mezouar spécial.

3. Nous n'avons pu qu'indiquer dans ses grands traits l'admi-

Les portefaix, les jardiniers, et la plupart des manœuvres sont bien étrangers à la ville, rifins, jebala et berabers, mais les industries locales sont pour la plupart exercées par des artisans qui se transmettent de père en fils leur art et leurs procédés. Ils forment, avec les petits boutiquiers, la classe modeste de la population maure.

Cette classe y est fort nombreuse car la cité de Mouley Idris vit dans le passé, mais elle n'y sommeille pas : la difficulté des communications avec Tanger et les autres villes de la côte, ainsi que le prix des transports lui ont conservé toutes les industries locales que les importations européennes ont diminuées ou détruites dans les différents ports.

La mégisserie y est très active. Presque toutes les peaux de chèvres de la région des Beraber passent par ses tanneries, celles qui viennent du Tafilelt sont déjà préparées. Les corroyeurs de Fès excellent à donner au cuir le grain et la souplesse qui caractérisent le maroquin et qui est si remarquable surtout dans le « filali » ou cuir du Tafilelt. Il faut ajouter à cette industrie la fabrication des babouches, dont Fès fournit presque tout le pays et qui sont aussi exportées en Algérie, au Sénégal et en Egypte. Plus de 2 000 ouvriers sont occupés tant aux mégisseries qu'à la fabrication des babouches. On tisse aussi à Fès la soie et la laine pour la confection des haïks, burnous et autres objets de l'habillement des indigènes. Les ateliers de tisserands sont fort nombreux mais ne comprennent généralement qu'un métier : comme les canuts lyonnais, les maîtres-

nistration de la ville afin d'en faire ressortir le caractère. Il faudrait, pour le décrire à fond, une étude spéciale qui dépasserait le cadre de ce travail.

ouvriers travaillent à domicile; quelquefois ils se réunissent à deux ou trois dans un fondaq ou une grande chambre qu'ils louent à cet effet. Les métiers sont naturellement très primitifs; malgré tout, ils luttent encore avec succès contre les tissus de laine ou de soie européens, meilleur marché mais moins appréciés dans le pays.

Les moulins hydrauliques ont été, nous l'avons vu, introduits d'Espagne à Fès pas l'Émir Almoravide Yousef ben Tachefin. C'est peut-être avec Sefrou la seule ville du Maroc qui en soit pourvue ; bâtie au fond et sur les bords d'un ravin dans lequel pénètre en cascade une rivière qui ne tarit jamais, elle était propice à cette industrie. Les moulins appartiennent aux habous qui les louent aux meuniers; on en compte près de 160. Le maître meunier est assisté de deux ou trois ouvriers et d'une quantité de petits âniers que l'on voit circuler dans les ruelles de Fès Elbâli, leurs sacs de farine placés en travers sur le bourricot. Avec les petits Terab qui, du four à la demeure des clients, portent sur leur tête la planche garnie de pain, ils tiennent dans la vie sociale de la cité Idrissite la place de nos petits pâtissiers de Paris, mais sont plus nombreux : à certaines heures les rues en sont encombrées et il n'est pas d'obstacle à la circulation qui ne soit aussitôt aggravé par l'arrivée des petits meuniers et de leurs montures enfarinées. Tout Maure aisé achète, en effet, sa provision de blé au moment de la récolte et fait moudre au fur et à mesure de ses besoins; il fait aussi préparer son pain chez lui et les petits commissionnaires des fours de quartier vont le chercher à domicile et le rapportent après la cuisson. Il n'y a guère que les pauvres gens vivant au jour le jour qui achètent leur pain au marché.

De toutes les industries locales la plus intéressante est celle des Fakharin, potiers-briquetiers. Leurs fours sont à l'Est de la ville, près de Bab Fetouh, à Tombre des oliviers séculaires de Geraouaoua. C'est là que sont cuits les zellij, briques émaillées, qui perpétuent au Maroc le souvenir des maïoliques d'Espagne. Les zellij jouent un rôle important dans l'ornementation des mosquées et "des maisons mauresques. Les. cours intérieures de toutes les maisons élégantes sont pavées de ces briques dont l'émail possède une remarquable résistance. Les murs et les bassins, les fontaines si nombreuses à Fès, en sont ornés ; leurs arabesques et leurs dessins symétriques s'y entrelacent en mosaïques de couleurs harmonieuses. Les zellij, pour former ces dessins, doivent être taillés avec une rigoureuse exactitude ' ; ils le sont au fur et à mesure que s'exécutent ces motifs d'ornementation par des ouvriers spéciaux dont certains sont de véritables artistes.

Les Fakharin cuisent aussi des poteries diverses, les unes, assez grossières, destinées aux ouvrages courants, d'autres plus fines et ornementées de dessins variés, qui sont expédiées de Fès dans toutes les villes du Maroc, notamment à Tanger où leur originalité les fait rechercher des touristes.

A ces industries que nous venons de citer on peut encore ajouter la sellerie, la teinturerie et l'orfèvrerie qui ont à Fès un important débouché et qui emploient de nombreux ouvriers. Toutes les industries sont entre les mains des musulmans, sauf l'orfèvrerie exercée par les israélites. Aucune d'entre elles ne fait l'objet de

1. On fait également des zellij à Tétouan, mais ils n'ont pas la finesse de ceux de Fès et sont trop cassants pour être facilement taillés.

grandes entreprises : chaque corps de métier, nous l'avons vu, possède son amin chargé de défendre les intérêts de la corporation; au-dessous de Tamin sont les maîtres ouvriers travaillant chacun pour leur compte, assistés seulement de quelques apprentis.

Bien que les importations d 'Europe jouent un rôle prépondérant dans le commerce local, ce dernier est resté presque tout entier entre le mains des indigènes musulmans : les israélites sont loin d'y occuper la même place que dans les villes de la côte et même à Marrakech. C'est que, dans les ports de mer, un élément nouveau, et de jour en jour plus nombreux, l'Européen, est venu modifier les conditions dans lesquelles s'exerçait le commerce ; les israélites plus souples et plus aptes à se transformer ont bénéficié de la situation, en fournissant aux étrangers d'utiles intermédiaires. A Fès il n'en est rien et les négociants peuvent procéder en paix selon leurs antiques méthodes. Puis, le citadin de Fès n'est pas le bédouin pauvre et imprévoyant de la capitale du Sud, il aime le commerce et y montre de remarquables aptitudes. La société islamique est essentiellement démocratique; les gens de l'extraction la plus humble arrivent souvent à occuper les plus hautes positions dans l'État; le chérifat n'a aucune corrélation avec notre ancienne noblesse féodale-, on trouve des chérifs dans tous les rangs de la société ; enfin les mariages apparentent souvent des familles de situations très <lifférentes et on ne s'étonne pas au Maroc de voir un pacha, par exemple, avoir dans sa domesticité des membres pauvres de sa famille. Si, par bien des côtés, une ville comme Fès peut donc nous rappeler notre moyen âge ce n'est pas par la situation sociale des

négociants : ils forment en réalité Taristocratie et la véritable classe dirigeante de l'État Marocain. D'ailleurs, tout Maure disposant de quelques ressources est négociant, lorsqu'il n'est pas fonctionnaire, et encore les Oumana, fonctionnaires de Tordre financier, qui sont toujours choisis parmi les commerçants des trois villes hadria du Maroc, continuent-ils souvent leurs affaires au cours de leurs fonctions*.

La vie commerciale est concentrée tout entière dans les rues avoisinant Mouley Idris et la mosquée d'Elqarouiyin. G*est là, à proximité de la qaïseria et de VAtlariîiy où se fait la vente au détail, que les négociants ont leur pied-à-terre. Les musulmans aiment tenir leur existence privée à l'écart des yeux indiscrets. Ils ne traitent donc pas leurs affaires dans la maison même où ils habitent et où se trouvent par conséquent leurs familles. Les détaillants ont, dans les souq et les carrefours, la classique petite boutique arabe avec sa porte en auvent, sorte de niche étroite où le maître accroupi peut, sans se déranger, servir les clients; les négociants ont leurs fondaq et leurs dar esselaa, magasins ou entrepôts.

Les fondaq ont de tout temps joué un grand rôle dans la vie de Fès; ils étaient, d'après, les historiens, plus nombreux encore que de nos jours, à l'époque des Almohades. Le fondaq, on le sait, remplace en Afrique les caravansérails ou les Khans de l'Orient. L'architecture en est peu compliquée : au rez-de-chaussée une cour plus ou moins vaste sur laquelle s'ouvrent toutes les chambres; au premier étage, qui est habituellement le seul, une galerie circulaire sur laquelle s'ouvrent

1. Les Oumana des ports ne sont habituellement nommés que pour deux ans.

d'autres chambres symétriques. C'est là, dans les quartiers excentriques, près des grandes portes de la ville que logent les chameliers et les muletiers ainsi que les voyageurs, seuls ou montés; les animaux sont entravés dans la cour et les hommes peuvent trouver

Cliché Veyre

Entrée du Fondaq Ennedjarin.

asile dans les chambres. Dans le centre de la ville, les fondaq ne sont plus des hôtelleries : quelques-uns sont occupés par des ouvriers cordonniers ou tisserands qui s'y réunissent pour confectionner ensemble leurs babouches ou y établir leurs métiers; d'autres servent à la fois de magasins et de lieu de réunion pour les négociants. Presque tous appartiennent aux habous, et portent le nom des rues ou quartiers dans lesquels ils

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sont situés: fondaq Ennedjarin*, fondaq Eddiouan, fondaq Elattarin, fondaq Sagha; l'un d'eux où se réunissaient autrefois les négociants originaires de Tétouan porte le nom de cette ville. Le plus grand et le plus beau de tous est le fondaq Ennedjarin avec sa cour pavée en mosaïque, sa porte monumentale et sa fontaine dont le toit en auvent est orné de belles boiseries.

Les négociants louent dans ces fondaq une ou plusieurs chambres servant d'entrepôt et ils y viennent quelques heures chaque jour faire leurs comptes et surtout causer entre eux. Ceux qui préfèrent plus d'indépendance louent une maison particulière. Mais ce n'est que dans son home que le Maure recherche Télégance et le confort, les magasins des négociants, même les plus riches, ont toujours une apparence des plus modestes : une petite cour pavée de mosaïques — seul luxe de l'endroit, — au rez-de-chaussée une pièce où s'accroupit sur une natte le maître de la maison entouré de ses registres et de ses échantillons.

Il est à remarquer que, sauf pour les petits détaillants, il n'y a presque pas de spécialisation dans le commerce. La plupart des négociants importants s'occupent indifféremment d'importations et d'exportations de n'importe quelles marchandises et spéculent fréquemment sur leurs cours. Les conditions dans lesquelles s'exerce le commerce portent, d'ailleurs, à la spéculation : la lenteur et la difficulté des communications avec les ports de mer, surtout pendant l'hiver,

1. La rue adjacente est occupée tout entière par des établis de menuisiers, Nedjari?i; d'où le nom du fondaq.

favorisent les accaparements et les hausses factices; beaucoup de marchandises comme les babouches destinées à l'exportation, sont à des heures fixes vendues à la criée à la Qaïseria ou à Elattarin ; c'est aussi de cette façon que se liquident les soldes. Il s'établit ainsi un cours, comme à la bourse, et on conçoit que ce mode d'opérer puisse donner lieu à des opérations variées.

Les négociants deFès sont en général honnêtes. Chez eux les payements sont lents, car la plupart des petits détaillants qu'ils fournissent ne payent qu'après la vente, mais les faillites sont rares. Plusieurs d'entre eux ont passé une partie de leur existence à Manchester ou à Marseille et possèdent une remarquable expérience des questions commerciales; presque tous font aussi de la banque, car il n'y a de véritables banquiers dans aucune ville du Maroc, à l'exception de Tanger : des courtiers juifs passant de maison en maison pour l'achat ou la vente des traites sur Tanger ou l'Europe leur servent d'intermédiaire. Ils font donc eux-mêmes le change selon les besoins de la place. La Qaïseria et l'Attarin où se réunissent les négociants et où se centralisent l'offre et la demande constituent, nous avons dit, une sorte de bourse. C'est au milieu de l'aprèsmidi, avant l'heure de Vaser, que cesruelles pittoresques sont le plus animées : c'est l'heure des ventes à la criée, et le déliai promenant sa marchandise en criant les enchères peut à peine circuler au milieu de la foule. Plus tard, quand approche l'heure du maghreb, chacun reprend le chemin du logis : les juifs se hâtent pour arriver avant la nuit au Mellah; ils sont fort peu nombreux d'ailleurs, ceux dont le commerce est assez considérable pour nécessiter un magasin dans la Médina; les

musulmans^ quoique moins pressés, se dispersent aussi dans les rues tortueuses de Fès Elbâli, et, sauf dans quelques carrefours, le quartier des affaires devient alors silencieux et désert.

Si Ahmed Guebbas, fils du ministre de la guerre.

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