‹ Une ville de l'Islam: FèsChapitre 47 sur 53 · n'y a pas au Maroc de Cheikh Elislam · texte numérisé non relu

n'y a pas au Maroc de Cheikh Elislam

A la dernière tekhridja il est proclamé haftd, c'est-àdire capable de réciter d'un bout à l'autre le Livre saint. H sait alors lire et écrire, ou plutôt copier, car il est rarement à même à ce moment de rédiger la lettre la plus simple; ill'apprendra à l'Université ou bien, s'il ne pousse pas plus loin ses études, la pratique lui enseignera le style courant, — d'ailleurs très incorrect — du commerce ou des affaires.

Il est à remarquer, carie fait est rare, que beaucoup de femmes de Fès savent lire et écrire et sont hafida. Il n'y a pas de msîd pour les petites filles, mais des lettrées, fqiha, vont donner leurs leçons à domicile; souvent plusieurs familles de la même rue ou du même quartier s'associent pour avoir une institutrice et forment ainsi une petite école privée. Mais l'instruction des jeunes filles est surtout manuelle et des Cheikha expertes enseignent dans les mêmes conditions que les fqiha le secret de ces fines broderies de soie qui sont une spécialité de Fès et de Mequinez.

Si le msid se retrouve dans toutes les villes et dans la plupart des villages importants, l'Université de Fès est au contraire unique au Maroc. Les cours sont faits par les Ouléma, docteurs de la Loi, nommés par le Makhzen sur la proposition du Cadi qui a la haute surveillance de l'enseignement. Les Ouléma sont professeurs titulaires etpourvus d'une chaire «Koursi » ; mais, avec l'autorisation du Cadi, les fqih dont la science parait suffisante peuvent aussi professer des cours auxiliaires sous les arcades de Qarouiyin et chercher à acquérir ainsi la renommée qui leur vaudra peut-être la titularisation; ce sont les privât docent de l'Université Idrissite.

Nous avons parlé déjà^ de Tespéce de contraction subie en Occident par l'enseignement islamique vers le xvi*' siècle de notre ère. Il ne comprend plus de nos jours de connaissances générales. Les sciences enseignées dans les Universités andalouses et même à Fès, à l'époque des Mérinides, se sont réduites à une seule, le y/m, la science par excellence, celle qui découle du Coran ou de la Sonna... ce qui revient à dire la langue arabe et la Loi religieuse et ses commentaires, embrassant toute la science juridique de l'Islam. Les matières actuellement professées sont la grammaire 2, le style, la poésie, la rhétorique, la logique, la lexicographie, Sidi Khelil, Ibnou Asêm, Sid Elboukhari et leurs commentateurs, enfin l'astronomie et l'arithmétique. Il est à remarquer que les cours scientifiques se réduisent seulement à deux; encore n'enseigne-t-on d'astronomie que les notions utiles aux mouqeiin, chargés du calcul du temps et par conséquent de la détermination des heures de la prière. La plupart des matières que nous venons de citer font l'objet de plusieurs cours et occupent par conséquent autant de professeurs.

Les Ouléma sont fort nombreux à Fès ; on n'en compte pas moins de cent huit à Theure actuelle, mais tous ne sont pas également renommés : une hiérarchie officielle les divise en quatre classes. La rétribution qu'ils reçoivent du Makhzen se compose de dons en nature,

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