‹ Une ville de l'Islam: FèsChapitre 7 sur 53 · PLAN I · texte numérisé non relu

PLAN I

rOued Elkébîr qui sépare les deux Adoua*, il y bâtit une autre porte Bab Elfasîl (porte de la Séparation) par laquelle on passe pour aller d'une Adoua à Tautre. Ensuite, passant sur l'autre bord, il construisit, en remontant le cours de la rive, cinq mesâfa de mur et bâtit une porte à laquelle i l donna le nom de Bab Elferj et que l'on appelle de nos jours Bab Esselsela (porte de la Chaîne) ; repassant alors la rivière du côté de l'Adouat Elqarouiyin et remontant toujours le courant au bas de Elqelaa vers les sources situées entre Ellesâd et EIjorf, il y construisit une porte qu'il nomma Bab Elhadid (la porte de Fer) et qui se trouve au sommet d'Elqelaa; il continua ensuite le mur d'enceinte de cette porte à Bab Ifriqiya. La ville d'Elqarouiyin était donc de grandeur moyenne, pourvue de nombreux jardins, sources ou ruisseaux et munie de six portes.

Il entreprit ensuite la fondation des murs de l'Adouat Elandalous et construisit au midi la porte Bab Elfouâra, par laquelle on sort pour aller dans la direction de SijiJmàsa, et que Ton nomme aujourd'hui Bab Zeitoun Ben Atiya, mais qui n'est plus ouverte depuis Tannée 620. Ensuite, conduisant les murs dans le Mokhfia, vers l'Oued Elkebir, il arriva à Berzakh et y construisit une porte, vis-à-vis de Bab Elferj de l'Adouat Elqarouiyin, puis il dirigea les murs jusqu'au sommet de Hajar Elferh et y fît la porte nommée Bab Abou Sofîan et que l'on prend pour aller dans la direction des montagnes de Ghomâra et du Rif. Ensuite il dirigea les murs vers Gerouaoua et y construisit la porte située à l'Orient de Tenceinte que Ton nomme Bab Elkenisa et que l'on prend pour aller à la maladrerie ou dans la direction de Tlemcen. Cette porte resta telle que l'avait bâtie Idris jusqu'en 540 (1145 J.-C). A cette époque elle fut détruite par Abdelmoumen ben Ali qui, devenu souverain du Maghreb, s'était emparé de la ville de Fès; elle fut construite par Ennasar ben Elmansour l'Almohade qui reconstruisit les murs de la ville en 601 (1204) et fut alors nommée Bab Elkhoukha.

Ces renseignements nous permettent de nous rendre 1. Adoua : bord, contrée.

assez exactement compte de l'emplacement des deux Adoua.

Aîn Ailoun existe encore aujourd'hui sous ce nom ; c'est donc au sommet de la petite éminence de Aïn Ailoun, près de Ras Tiali que se trouvait Bab Ifriqiya.

Aqbat Esaatar a également conservé son nom jusqu'à nos jours et se trouve à Elhaffarin près de Bab Elgisa. Nous pouvons ainsi nous rendre compte de l'emplacement de l'ancienne porte Hisn Saadoun qui s'est conservée assez longtemps et qu'Idrisi appelle porte Hisn Jedid (château neuf).

Aghla7i,Q.u contraire, n'est plus connu, mais l'emplacement approximatif de Bab Elfours se détermine aisément. C'est là que se trouvait l'extrémité du quartier juif qui commençait près de Bab Ilisn Saadoun avant la fondation du Mellah (ghetto). Encore aujourd'hui cette partie de l'ancien quartier juif porte le nom de Fondaq Elihoûdi et c'est près de la porte de ce quartier que, de l'avis de tous les lettrés de Fès, se trouve l'emplacement de l'ancienne Bab Elfours.

Bab ElfasU (porte de la Séparation) qui conduisait d'une Adoua à l'autre et s'appela ensuite Bab Elqnâter (porte des ponts) se trouve sur la rive gauche de la rivière vis-à-vis du pont de Beïn Elmoudoun (entre les villes).

Le nom de Bab Esselsela s'est conservé jusqu'à nos jours. Lorsque les deux Adoua ne formèrent qu'une seule ville, cette porte ne fut plus qu'une porte de quartier qui donna son nom au petit souq de Bab Esselsela actuel, situé sur la rivière à une cinquantaine de mètres en aval du pont du Resif.

Il existe également aujourd'hui une porte de la ville qui a conservé le nom de Bab Elhadid (porte de Fer).

8 FKS.

On retrouve le nom de cette porte dans les auteurs de presque toutes les époques. Bien que les murs aient été reconstruits sous les Zenata et les Almohades, il est à croire que Ton a toujours redonné le nom de Bab Elhadid à la porte située à l'emplacement ou près de remplacement de l'ancienne porte de ce nom. L'endroit tel que le désigne le Roud Elqarlas répond tout à fait au Bab Elhadid actuel, dont les murs récemment réparés ne présentent, d'ailleurs, aucun détail remarquable.

L'Adouat Elqarouiyin s'étendait donc en longueur dans le sens de la rivière et comprenait la partie de Fés Elbàli actuel qui se trouve sur la rive gauche, moins une partie de Ras Eljenan, et, dans la partie supérieure de la ville, les quartiers actuels du Talaa et la casba des Filala.

L'Adouat Elandalous, vis-à-vis et de l'autre côté de la rivière ressemblait davantage à ce qu'elle est actuellement.

BabElfouara (porte de la Source jaillissante), qu'Idrisi désigne encore par ce nom, se trouvait, nous dit l'auteur du Roud Elqartâs, à la place de la porte qui s'appelait de son temps Bab Zeitoûn ben Atiya^. Cette porte avait été conslruite par Yaqoub ben Abdelhaq, sultan Mérinide qui avait, nous dit le Jedouet Eliqtibas^, « relevé la muraille de Zeitoun ben Atiya et construit à côté le grand borj sur lequel il écrivit son nom ». On la voit encore dans le mur de la ville, à gauche en entrant par Bab Fetouh et à 200 mètres environ de cette porte dans

1. A son arrivée à Fès, le 1" Emir des Zenata, Ziri ben Atiy.-i avait fait camper sa tribu en dehors des murs à cet endroit, ce qui valut au bois d'oliviers qui s'y trouvait déjà à cette époque le nom de Zeitoun ben Atiya, olivette de Ben Atiya.

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