Jedouet Eliqtibas, écrit vers 1003 II, par Ibn Elqadi
le cimetière. Les ruines accumulées ont élevé le terrain et Ton n'aperçoit plus que le sommet de la voûte, le reste étant comblé; un marabout obscur a été enseveli à l'ombre de cette voûte et la vieille porte Zeitoun ben Atiya est maintenant transformée en tombeau. On la désigne de nos jours sous le nom de Elbab Elhamra (la Porte rouge), car elle est construite en briques pétrifiées qui ont un reflet rougeâtre, et près d'elle se trouvent encore les vestiges du bordj (bastion) auquel fait allusion le Jedouet Eliqtibas précédemment cité.
De là, nous dit le Roud Elqartas, les murs se dirigeaient vers la rivière en passant par Elmokhfiya (lieu encore ainsi nommé), et arrivaient vis-à-vis de Bab Elferj de l'Adouat Elqarouiyin, c'est-à-dire, vis-à-vis du souq Bab Esselsela actuel. L'auteur se borne à mentionner là une porte sans la nommer ; la position semble indiquer qu'il s'agit de la porte de l'abreuvoir (Bab Elhaoud) mentionnée par Idrisi dans sa description de Fès.
Hajar Flferh, petit mamelon à la partie supérieure duquel se trouvait la porte Abou Sofian, est situé entre Erremila* et la porte actuelle de Sidi Bou-Jida. L'enceinte engloba plus tard, probablement sous les Zenata, tout le mamelon et la porte Abou Sofian fut remplacée par la porte Béni Msafar dont les anciens auteurs font mention. Cette porte prit ensuite le nom d'un marabout enterré près d'elle et se nomme actuellement Baô Sidl BoU'Jîda.
De Hajar Elferhles murs allaient vers Gerouaoua. On appelle encore cet endroit Bab Elkhoukhay du nom de la porte construite par Ennaser ben Elmansour l'Al-
1. Transcrit Roumelia dans la traduction Beaumier du Roud Elqartas.
mohade, sur remplacement de BabKlkenisa de l'Adouat Elandalous.
La porte du Sud, Bàb ^'/(/îô/a, construite par Idris entre BabElkenisa et Bab Ezzéitoun, fut remplacée à l'époque des Zenata par Bab Fetouh qui porte le nom de Témir qui la construisit. Bab Fetouh, reconstruite par Mouley Slimân, est toujours une des principales portes de Fès.
Pendant la construction de la ville, Idris avait d'abord campé dans la partie haute de TAdouat Elandalous*, puis au Keddân...
« 11 bâtit alors, nous dit le Roud Blqartas, la mosquée qui est à côté du puits connu sous le nom de Bir jdmâa elachiakhy puits de la réunion des Cheikh et il y établit la Khotba... Ensuite il se transporta deTAdouades Andalousà celle d'Elqarouiyin, s'y établit dans Tendroit connu sous le nom de Kermouda et y planta sa tente. 11 commença d'abord la construction de la mosquée connue de nos jours sous le nom de Dar Elqitoun (maison de la tente) où habitent les Chérifs Djoûtis, ses descendants. Il construisit enfin la Qaïsâriya qui est à côté de la grande mosquée. »
LaZaouiya de Mouley Idris, sanctuaire le plus vénéré du Maroc, recouvre de nos jours tout le Kermouda. Les princes Zenata, désireux d'efîacer le souvenir des Idrissites, avaient laissé tomber en ruines la mosquée des Chorfa où se trouvait le tombeau d'Idris. Elle ne fut relevée qu'en 1308, sous les Mérinides, par le Mufti Elhadj Elmoubarekqui la reconstruisit d'après son ancien mo-
1. On montre encore dans un jardin voisin de B.ib Elkhoukha l'endroit où campa d'abord Idris et la source où il faisait ses ablutions. Près d'un vieux térébinthc, les restes du mihrab indiquent l'existence d'un ancien oratoire.
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Le minaret de la Zaoïiiya de Mouley Idris
dèle*. Mais la Zaouiya actuelle est bien plus récente et ne date que du règne de Mouley Ismaïl. En 17!20, ce prince ordonna en effet, de démolir le mausolée de Mouley Idris alin de Tagrandir sur ses quatre faces. Il acheta, pour cela, les terrains contigus à la mosquée et les ouvriers ne quittèrent les travaux qu'après leur complet achèvement 2. La piété des fidèles et des sultans s'est plu à se manifester depuis par de fréquentes réparations. La mosquée attenante à laqoubba étant devenue insuffisante, Mouley Abderrahman fit élever, en 1820, la belle et spacieuse mosquée qui existe à présent et dont on aperçoit au loin l'élégant minaret recouvert de briques vernies. Enfin, le Dar Elqitoun a été réparé dernièrement par le sultan Mouley Elhasen pour servir de refuge aux Cherifas Idrissites pauvres. La Zaouiya comprend donc actuellement la qoubba, la mosquée et les dépendances. La qoubba est une construction carrée, d'une vingtaine de mètres de côté, dont le plafond, en bois sculpté et peint, est protégé par une toiture en tuiles vertes ^ ; le tombeau est surmonté d'un derbouz (baldaquin) en bois sculpté avec des incrustations d'or ou de cuivre recouvert lui-même intérieurement du kesoua en étoffe. Attenant à la qoubba se trouvent, d'un côté, la nouvelle mosquée et de Tautre, l'ancienne. Un bâtiment attenant à cette mosquée abrite les Mzaougin, c'est-à-dire, ceux qui vont se réfugier dans le sanctuaire. Toute la Zaouiya et les rues aboutissantes sont en effet sacrées et inviolables; des traverses en