Voltaire, Guerre de Genève (éd. Moland, IX, p
sur ce qui pouvait et devait être fait en faveur des protestants1. Mais une partie de Genève infligeait aux pasteurs cet affront de préférer le théâtre aux lois de PEglise ; dans Genève même, en 1767, le comédien Rosimond installait une scène, qu'en 1768 un incendie détruisait2; et sans égard pour la colère justicière de Dieu, les Conseils, en 1782, sous la pression des autorités militaires françaises, acceptaient la fondation d'un théâtre nouveau qui vécut jusqu'en 1791 ; deux futurs conventionnels, Collotd'Herbois comme directeur, Fabre d'Églantine comme acteur, briguaient, pour cette audacieuse institution, les applaudissements de la haute société genevoise, et les obtenaient3.
Les arts plastiques, tout comme l'art dramatique, commençaient après deux siècles de disgrâce à prendre leur revanche, et c'était pour les pasteurs une défaite de plus. Tandis que la Genève patricienne ressuscitait le théâtre, les artisans de la Genève plébéienne, orfèvres et joailliers du quartier Saint-Gervais, commençaient à ressusciter la peinture et la sculpture4, à Pencontre des austérités icono-