Edouard Dufour, Jacob Vernes, p. 112 (Genève
S. Ciiaillet, De la simplicité de la doctrine chrétienne : lettre à M. Cellérier (Neuchâtel, 1819), cité dans Goltz, p. 210. é. Borgeaud, I, p. 557.
reux. La Vénérable Compagnie des Pasteurs, qui, depuis 250 ans, voulait régner sur l'Académie, et qui, en 1738, n'avait peut-être pas vu sans tristesse la nomination des professeurs de droit et de mathématiques passer à l'Etat1, fut tout d'un coup, en 1782, privée de toutes prérogatives en matière d'instruction ; et en 1786 les chaires de théologie furent réduites à deux. L'Académie, au jugement des pasteurs, n'avait été faite que pour l'Eglise, c'est-à-dire pour fournir des pasteurs ; ils avaient espéré prévenir toute prépondérance des éléments laïques et des sciences laïques en refusant la transformation de l'Académie en université. Et malgré leurs efforts, malgré leur parti pris de prudente modestie, leur Académie, si humble se fût-elle faite, paraissait échapper à l'Église.
Longtemps les pasteurs furent inconsolables ; ils accusèrent, ils accusent encore, l'influence « satanesque 2 » qu'avait autrefois exercée Voltaire sur ce frivole patriciat. Mais avant de dire toujours : « C'est la faute à Voltaire 3, » les Églises feraient bien, parfois, de se questionner elles-mêmes sur leur propre responsabi-