‹ Une ville-égliseChapitre 112 sur 121 · Borgeaud, I, pp · texte numérisé non relu

Borgeaud, I, pp

3. Paris, le Jubilé de la Réformation célébré à Genève U 21 août 1735, pp. 49-50 (Genève? 1870),

l'atmosphère genevoise, pour le petit Jean- Jacques, par exemple, le catholicisme n'était qu'une « affreuse idolâtrie » ; et le clergé catholique lui avait été peint sous de si « noires couleurs » que pendant bien des années il ne put entendre la sonnette d'une procession « sans un frémissement de terreur1 ».

Ce fut longtemps une joie pour Genève, et presque un orgueil, de compter, de temps à autre, les papistes qu'elle abritait chez elle, et de les trouver si épars, que cela passait pour rassurant. En 1711, il n'y avait dans la ville, sur 18.500 habitants, que 97 papistes autorisés au séjour2; en 1759, on en cataloguait 150, non compris 5 dames et leurs gens et, dans la banlieue, 52, « non compris la maison de Monsieur de Voltaire et ses gens, faisant 13 catholiques romains3 ».

Et cette Genève si bien défendue contre toute contamination romaine soutenait assidûment certaines œuvres occultes qui se donnaient pour mission, soit d'envoyer des prédicants

1. Œuvres de J.-J. Rousseau, éd. Didot, I, p. 31 (Confessions, livre II). Cf. Masson, I, pp. 43-44.

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