Gaspard Vallette, op. cil., p
3. Cramer, p. 124. Il n'y avait qu'un seul homme, chose bizarre, sur le territoire de la République, qui pût être légalement catholique. En 1749, par suite d'une rectification de frontières, le village de Russin devint genevois. L'exercice public de la religion catholique dut, en vertu du traité, y être maintenu. Or il n'y avait qu'un seul catholique, que le gouvernement genevois appelait notre unique catholique et notre seul catholique (Gauï^b* D'un siècle à Vautre^ I, pp< 62*63),
dans la France de Louis XV, soit de consoler et de secourir les condamnés pour cause de religion, sur les galères du roi de France; et cette Genève expédiait loin de chez elle, et jusqu'en Avignon - — jusque chez le Très Saint Père — des tonneaux de poix blanche, de térébenthine, de thé vulnéraire, où se dissimulaient des livres calvinistes. On coupait ces livres « en une infinité de petites portions dont on faisait de petits rouleaux cachetés aux deux extrémités, étiquetés « thé de Suisse, » « et pour que l'odeur même s'y trouvât, on avait soin de mettre à cet effet quelques pincées de thé sous les deux cachets 1 ». Genève, qui proscrivait de chez elle l'odeur de l'encens, expédiait ainsi, avec un apostolique esprit d'entreprise, les parfums séducteurs de sa doctrine et de son thé. Jusque fort avant dans le dix- huitième siècle, les Entretiens des voyageurs sur la mer, curieux roman de controverse publié en 1683 par le ministre Gédéon Flournois, propagèrent dans Genève et hors de Genève la haine des Jésuites et de Piome 2. Genève se barricadait contre Rome et Genève essayait d'entamer Rome.
Mais à la fin du siècle les membres du Consistoire devinrent peu à peu fort inquiets ; ils regardaient la Feuille d'avis; ils constataient