‹ Une ville-égliseChapitre 119 sur 121 · Masson, t, p · texte numérisé non relu

Masson, t, p

testantisme en grande partie vidé de son contenu dogmatique, appuyant allègrement sa dictature dans Genève sur certaines maximes que Rousseau déclarait expressément contraires à celles de PEvangile, et s'enracinant opiniâtrement, au nom même de ces maximes, dans son parti pris de refuser au papisme toute liberté : telle était la religion de cette Genève révolutionnaire qui venait de resserrer, solennellement, son unité confessionnelle. Le peuple de Dieu, fils de Calvin, avait repoussé les papistes comme idolâtres. Le peuple de Dieu, fils du Contrat social, les repoussait en outre comme « insociables, » comme « ne pouvant pas avoir les sentiments de sociabilité » genevoise « sans lesquels il paraissait impossible d'être bon citoyen » genevois. Ainsi continuaient de se hisser, tout autour de cette prodigieuse bande de terre, les remparts dressés par Calvin contre l'autre confession chrétienne. Ils se hissaient désormais sous les auspices de Rousseau, de ce Rousseau qui avait sapé la base même de la dogmatique calvinienne, et dont le persuasif génie devait exercer sur le protestantisme futur une influence de plus en plus forte, et tout à la fois édifiante et dissolvante.

Avant-propos vu

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