‹ Une ville-égliseChapitre 15 sur 121 · Rilliet, loe. cif., p. LXI · texte numérisé non relu

Rilliet, loe. cif., p. LXI

vider la ville1. Il fallait que leurs consciences entrassent délibérément dans l'Eglise telle que Calvin l'avait définie, ou qu'ils partissent.

Mais parallèlement à cette exigence, Calvin en affichait une autre. Il proclamait pour son Église le droit d'écarter les fidèles de la Cène, et pour l'Etat le devoir de faire justice, par l'exil aussi, de ceux qui accepteraient, ainsi excommuniés, de « vivre et mourir en pareille réjection2 ». Dehors, donc, ceux qui n'entreraient pas pleinement dans l'Église : mais dehors, aussi, ceux que l'Église jugerait à propos de séparer d'elle ! Zurich, Claris, Saint-Gall, n'avaient pas accordé à leurs prédicants le droit de dicter ainsi, d'avance, les décisions disciplinaires et pénales de l'État3. Genève le savait, et Genève se cabra. A la suite de certains votes significatifs, les magistrats décidèrent en janvier 1538 que les pasteurs n'auraient pas le droit de refuser la Cène. Un conflit éclata, en février : d'autres magistrats plus franchement hostiles à Calvin furent élus; et le peuple, en mars, décréta que dorénavant on suivrait, dans l'Église, les ordonnancesde Messieurs de Berne. Se référer à Messieurs de Berne et, si loin

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