Farel à Calvin, 6 février 1540 (Herminjàrd, VI, p
3. Opp. Calv., V, col. 385-416. Les deux lettres de Sadolet et de Calvin, traduites en français dès 1540, ont été réimprimées à Genève en 1860.
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jusqu'en 1544, aucune organisation paroissiale régulière, et l'attachement au « romanisme » y persistait1. Aux champs comme à la ville, la Réforme était en souffrance, presque en recul, depuis que Calvin n'était plus là.
Et comme les caprices de la politique et des coups de force avaient renversé du pouvoir les ennemis du Réformateur et y avaient réinstallé ses amis, les regards de Genève, de nouveau, se tournèrent vers lui.
Il résistait, il était tout près de répondre : C'est trop tard. On l'avait fait partir, il se complaisait dans son active retraite de Strasbourg, où, libre de tout souci administratif, il menait une vie de théologien. Retourner à Genève, cela lui faisait Peffet d'une croix; il préférait à cela « cent autres morts2 ». Genève, pour lui, c'était « une chambre de tortures3»; plutôt que d'aller là, il préférait « passer de l'autre côté de la mer4 ». Il avait dès cette date son opinion sur le peuple de Genève, et cette opinion ne changera jamais, il le trouvera toujours (( un peuple raide, un peuple ayant des vices plein la tête et plein le cœur5 ».