‹ Une ville-égliseChapitre 21 sur 121 · DOUMERGUE, II, p · texte numérisé non relu

DOUMERGUE, II, p

4. Covelle, le Livre des bourgeois, p. 266 (Genève, 1897). Cf. Roget, VÉglise et l'État, p. 89.

L'ÉCLOSION D'UNE « CITÉ DE DIEU » 4t

Dieu des prérogatives légales ; et, dès lors qu'elles furent reconnues, ce fut lui qui parla, au nom de Dieu ; et son néant devint tyrannie. La force de cet homme, qui devait transformer Genève et presque la recréer, ne s'appuya sur aucun plébiscite, sur aucun texte de loi, sur aucun privilège personnel, mais sur un livre, la Bible, livre contenant la parole de Dieu, dont lui, Calvin, était l'interprète *. Genève devint la sujette d'un livre. S'armant de ce livre, tout imbu de ce livre, Calvin finit par proclamer : « Dieu m'a fait la grâce de me déclarer ce qui est bon ou mauvais2. » Le traduire, le commenter, le présenter aux fidèles, avait été longtemps le droit exclusif de l'Église romaine : il n'y avait plus à Genève d'Eglise romaine. Calvin ne prétendait pas qu'il eût hérité de ce droit, mais il disait : « Dieu m'a fait la grâce. » Tant qu'il y aura des protestants, et tant qu'ils lutteront entre eux sur la valeur du texte biblique, ils s'objecteront les uns aux autres des phrases également décisives de cet imposant docteur. Les uns citeront les passages dans lesquels il démontre que c'est en nous appuyant sur le témoignage secret du Saint-Esprit que nous saluons dans l'Ecriture la parole de Dieu3; et l'on peut

1. Excellentes pages dans Choisy, la Théocratie à Genève au temps de Calvin, pp. 255-269 (Genève, s. d.).

2. Calvin à M. d'Aubeterre, mai 1553 (Opp. Calv., XIV, col. 543).

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