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Institution chrétienne, I, 7 (Opp. Calv., III, col

assurément trouver dans ces passages le lointain point de départ de beaucoup de théories actuelles, d'après lesquelles F expérience religieuse discerne ce qui à ses yeux est parole de Dieu, d'après lesquelles la conscience est juge delà Bible1. Mais si le témoignage secret du Saint-Esprit, tel que le percevaient en s'auscultant les consciences genevoises contemporaines de Calvin, n'était pas conforme aux commentaires mêmes du Maître, elles couraient un risque formidable : l'excommunication, l'exil, sans parler de la damnation.

Car il y a, dans l'œuvre de Calvin — et c'est ce que relèvent volontiers d'autres théologiens de la Réforme — un sermon contre « ceux qui font des gambades à Pencontre de Dieu et qui prétendent juger selon leur entendement des saints mystères de Dieu, et qui osent dire que les choses ne leur semblentpas bonnes et propres » . Calvin veut « qu'ils soient tenus en bride courte et que Dieu ait toujours la vogue2 ». Et quoiqu'il se soit donné le droit de proscrire du Canon certains libres3, il semble bien qu'il ne permette d'attaquer aucun des autres, et qu'il

1. Voir G. Berguer, l'Application de la méthode scientifique à la théologie, essai théorique et critique, p. 93 (Genève, 1903). — Cf. Wilfred Moxod, Revue chrétienne, 1909, II, p. 619.

2. Sermon sur le chap. xiv du Deutéronome, 22 oct. 1555 (Opp. Calo., XXVI, p. 282).

3. Voir Baumgartker, Traditionalisme et critique biblique, pp. 78- 80 (Genève, 1905).

veuille qu'aux yeux de tous la parole de Dieu et ce que lui, Calvin, dit être l'Écriture Sainte, soient considérées comme intégralement identiques1. Le voilà donc s'insurgeant d'avance contre les critiques et contre les exégètes, ouvrant d'avance la porte, a-t-on pu dire, aux théories sur l'inspiration littérale de la Bible2. Et pour faire un pas de plus, le voici s'insurgeant contre les déviations du mysticisme : V Institution contient un chapitre terrible, contre « ceux qui quittent l'Écriture pour voltiger après leur fantaisie, sous ombre de révélation du Saint-Esprit3 ».

Mais ces révélations dont l'âme fait étalage, qui donc distinguera si elles ne sont qu'une ombre fallacieuse, offusquante pour la vérité, ou si elles sont, tout au contraire, un reflet de l'Écriture dans l'ame du fidèle ?Nous touchons ici à ce que Strauss appelait le talon d'Achille du protestantisme. Calvin tenta de protéger ce talon d'Achille : « Autant, dit-il, comme si aucun s'enqueroit dont nous apprendrons à discerner la clarté des ténèbres, le blanc du noir, le doux de l'amer. Car l'Ecriture a de quoi se faire connaître, voire d'un sentiment aussi notoire et infaillible comme ont les choses blanches ou

1. Lobsteiîï, ht Connaissance religieuse d'après Calvin, étude d'histoire el du dogmatique, pp. 01-02 (Lausanne, 190(j).

2. Cftoisl, op. cit., p. 257. — En sens inverse, Doumebgiie, IV, pp. 71 et 76.

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