‹ Une ville-égliseChapitre 24 sur 121 · Buisson, Sébastien Castellion, I, p. 306 (Paris · texte numérisé non relu

Buisson, Sébastien Castellion, I, p. 306 (Paris

3. Jean Calvin au lecteur, en tèle de [Institution (Opp. Calv., III, col. 7).

i/ÉCLOSION D'UNE « CITÉ DE DIEU » 45

dales de la Bible, la liberté des autres devait se soumettre à Calvin, — et non pas, encore une fois, à Pautorité de Calvin : il prétendait sincèrement n'en avoir aucune, — mais à la parole de Dieu elle-même, lue par ses yeux, commentée par ses lèvres, appliquée d'après ses gestes.

Car durable était cette parole, et durable aussi la doctrine qu'il avait tirée de la Bible; il n'en admettait aucune autre. Le seul fait d'avoir contesté l'inspiration du Cantique des Cantiques et la descente du Christ aux Enfers devait empêcher Castellion d'être pasteur à Genève1. Chef d'une confession dans laquelle peu à peu la fermentation des expériences religieuses provoquera tant d'évolutions de consciences, Calvin devait, lui, au lendemain de sa mort, recevoir de Théodore de Bèze ce témoignage, que, dans la doctrine qu'il avait enseignée au commencement, il était resté ferme jusqu'à la fin, et « n'y avait rien changé, ni diminué ni ajouté : ce qui était arrivé, continue Bèze, à peu de théologiens2 ».

Calvin, donc, rentrant dans cette Genève où les pasteurs Bernard et de la Mare ne savaient trop que prêcher, y apporta une doctrine. Il était théoriquement impossible, aux yeux de Calvin, que la parole intérieure de Dieu, reten-

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