‹ Une ville-égliseChapitre 25 sur 121 · Buisson, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

Buisson, op. cit., I, p

2. Doumbrgue, IV, p, 10. Cf. Bkze, Vie de Calvin, éd. Franklin, p. 202 (Paris, 18G4).

tissant au fond de chaque conscience genevoise, ne fît pas écho à cette parole extérieure contenue "dans la Bible et que Calvin présentait. Mais si l'écho discordait d'avec celui qu'avait ressenti Calvin dans sa propre conscience, c'était le Genevois qui avait tort, et l'honneur de Dieu exigeait que cette âme genevoise, mettant une fausse note dans l'harmonie des âmes soumises au Livre, fût solennellement convaincue d'avoir tort. Telle était la pratique de ce gouvernement, que le professeur Choisy a très justement appelé une bibliocratie1 .

Dans cette Genève où Calvin pouvait toujours craindre que la vieille Eglise, qui au nom d'une autorité apportait une certitude, ne fût secrètement regrettée par des âmes mécontentes ou peut-être repentantes, il fallait, à l'encontre du Papisme et pour achever de le renverser, établir une autre autorité, externe, visible, palpable. Ce fut la Bible, interprétée par Calvin. Et les nécessités mômes de la lutte contre Rome, en le contraignant d'exhiber une autorité externe, l'amenaient à introduire dans la première bâtisse de la Réforme un principe essentiellement catholique, à prohiber, en fait, la liberté absolue d'interprétation de la Bible, à fonder la nouvelle Eglise de Dieu sur une certaine interprétation, la sienne. Servet, lisant

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