Doumergue, IV, p
3. Voir Doumergue, IV. pp. 121-123; et en sens inverse, Seebehg, Lekrlmch der Dogmengeschichte, II, pp. 387-388 (Erlângen, 1898),
un <( goût doux et savoureux1 » à constater ainsi que ce que Dieu voulait, Dieu le pouvait ; et c'est en hommage à ce magnifique despote, son Dieu, qu'il écrivait froidement et sans le plus léger tremblement : « Laissons là les réprouvés, on ne se doit pas beaucoup soucier de tout ce qui leur peut advenir2. » Calvin allait donc demander aux Genevois, courbés sous sa parole, d'affaisser leurs âmes, aussi, sousle poids d'une altière et lointaine décision, décision souveraine, à laquelle toute leur vie, quelle qu'elle fût, à laquelle tous leurs actes, quels qu'ils fussent, ne changeraient rien. L'historien genevois Amédée Roget a remarqué3 que les collégiens qui figurent dans les dialogues de Mathurin Cordier, éduqués par cette théologie, sont de petits êtres incapables par eux-mêmes d'une bonne impulsion, et chez qui la lumière de la conscience naturelle est laissée de côté; ce sont des êtres qui, à propos de tout, s'agenouillent, se soumettent; ce sont des âmes d'esclaves.
Mais ce Dieu a un honneur, honneur exigeant, pointilleux : toutes les formules des Psaumes proclament sa susceptibilité. Et les yeux fixés sur les exigences de cet honneur, le Genevois formé par Galvin sortira, délibérément, de la
1. Institution chrétienne, III, 21 (Opp. Calv., IV. col. 455). Cf. Doumergue, IV, pp. 357-358.
2. Psychopannychia (Opp. Calv., V, col. 191). Cf. Doumergue, IV, p. 347.