‹ Une ville-égliseChapitre 38 sur 121 · Cramer, pp. 25-26 (3 mars · texte numérisé non relu

Cramer, pp. 25-26 (3 mars

î/ÊCLOSlON D'UNE (( CITÉ DE DIEU )) 6?

s'occuper de cet autre Genevois qui voulait prendre un bateau, y mettre tous les Français, et « les envoyer par le Rhône, à val1 ».

En 1546, un fabricant de cartes à jouer , nommé Pierre Ameaux, mécontent que, depuis l'arrivée de Calvin, son commerce ne marchât plus, déclarait après boire que ce prédicant « n'était qu'un méchant homme, un Picard, et qu'il prêchait une fausse doctrine » . Il fut jeté en prison, et les magistrats crurent venger Dieu et Calvin en forçant Pierre Ameaux de comparaître devant eux, Calvin étant là, et de se mettre à genoux, et de « demander merci à Dieu, à la justice et au dit Calvin ». Mais ledit Calvin se cabra, déclara le châtiment insuffisant, et finalement Ameaux dut d'abord faire tout le tour de la ville en chemise, tête nue, une torche en mains, et venir ensuite demander son pardon, genou en terre, devant Calvin2.

Parmi ceux-là mêmes qui avaient, en 1540, travaillé le plus activement au retour de Calvin, les soubresauts de mécontentement s'accentuaient. Ces Genevois avaient cru s'appartenir, être enfin maîtres chez eux, et des Français affluaient, qui s'étalaient, qui faisaient hausser le prix des loyers3, et qui prétendaient

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