Buisson, Sébastien Castellion, II, pp
3. En 1558 l'antitrinitaire Valentin Gentilis échappera à la décapitation, mais devra demander pardon publiquement, faire le tour de la ville au son de la trompette, et, pour qu'on puisse surveiller ses doctrines, il sera condamné à rester à Genève sous peine de mort; il s'évadera d'ailleurs, et finira par être décapité à Berne en 1566 (Fazy, Procès de Valentin Gentilis et Nicolas Gallo, M. I. N., XIV, 1879).
4. Charles Martin, les Protestants anglais réfugiés à Genève au, temps de Calvin, p. 148 (Genève, 1915); cf. pp. 260-251, les conseils d'intolérance donnés à la reine Elisabeth, en tète de sa traduction de la Bible, par un autre disciple du calvinisme genevois, l'Anglais Whitingham.
fut consolidé : en 1554, ses partisans rentraient en majorité dans le Conseil; en 1555, les luttes suprêmesde Bertheliercontre Pexercicedu droit d'excommunication par le Consistoire aboutissaient à la victoire définitive de Calvin1. Il était décidé que ceux qui, privés de la Cène, auraient laissé passer un an sans la redemander, seraient jetés hors de la ville.
Calvin avait gagné la partie, après l'avoir à certaines heures crue perdue, et comme il identifiait sa cause et la cause de Dieu, il sentait Dieu vainqueur. Songeant tout de suite à augmenter le chiffre du peuple de Dieu en y adjoignant des réfugiés qui dans la vie publique voteraient certainement avec lui, c'est-àdire avec Dieu, il fit créer, du 16 avril au 19 mai 1555, soixante nouveaux bourgeois2; il se mettait à susciter, ainsi, des fournées de bourgeois, comme, à d'autres époques, les souverains feront des fournées de pairs. Il fallait accroître, dans Genève, la majorité fidèle à Dieu.
Mais les adversaires se rebiffaient encore, des échauffourées eurent lieu : Calvin, alors, dénonça l'existence d'un complot. Le formidable appareil d'une justice exceptionnelle et sommaire fut mis en branle. Le salut de la Cité, l'honneur de Dieu, paraissaient comporter ce