DûUMERGUE, V, pp
2, Covelle, op. cit. y pp. 241-244.
coup d'État. Perrin, Berthelier, quelques autres, s'évadèrent à temps pour éviter d'être décapités et coupés en quatre quartiers ; mais les frères Comparet, Claude Genève, un autre Berthelier, durent porter leur tète au bourreau. «Nous verrons avant deux jours, j'espère, écrivait Calvin à Farel, ce que la torture leur arrachera1. » Les malheureux eurent affaire à un bourreau maladroit, qui s'y prenait si mal que les deux têtes des deux Comparet furent lentes à se détacher. On avait besoin, dans la Genève d'alors, qu'un tel fonctionnaire, outil de Dieu, sût de mieux en mieux son métier : le Gouvernement le bannit, mais Calvin, lui, jugeait autrement des choses. Bien qu'en d'autres circonstances il eût prié les Conseils de ne pas faire languir par des raffinements de souffrance les condamnés à mort2, il estima cette fois que, si les mains inexpertes d'un boucher avaient lamentablement abîmé les chairs pantelantes de deux criminels, c'était évidemment parce que Dieu voulait aggraver la pénalité prononcée par les hommes. Du haut de la chaire de Saint-Pierre, dans son sermon sur le Deutéronome, Calvin commentait la dure nécessité de yenger Dieu :
Dieu, disait-il, met toutes les villes en ruines si