‹ Une ville-égliseChapitre 42 sur 121 · Bordter, VÉcole historique de Jérôme Bolsec, p · texte numérisé non relu

Bordter, VÉcole historique de Jérôme Bolsec, p

son honneur y a été violé. Et ainsi, cognoissons qu'il n'est plus question de nager entre deux eaux, comme on a de coustume, si on veut garder la religion en son entier, mais que les sacrilèges, c'est-à-dire les outrages qui se font à la majesté de Dieu, doivent être punis. Si on cognoist et que nature enseigne, que les larrecins et meurtres et brigandages et tous pillages ne soyent point à supporter; que sera-ce quand le nom de Dieu sera blasphémé, qu'on aura perverti toute religion, qu'on falsifiera la pure doctrine pour desbaucher le peuple et rompre l'union de foy ? Oh ! il ne faut point dissimuler à cela, car ce sont crimes par trop énormes l,

La crainte de Calvin devenait ainsi, pour Genève transfigurée, le commencement de la crainte de Dieu. En 1556, cette crainte fit une dernière victime, Jésus lui-même. Un incendie causé par la foudre avait abattu la grande croix qui surmontait Saint-Piètre : on en conclut qu'aux yeux de Dieu « c'était honte que telle croix, marque et enseigne de la diablerie papale, fût là laissée, » et le Conseil décida que toutes les croix qui se trouvaient encore sur les églises devaient être enlevées2. Dans cette cité du Dieu justicier, les signes séculaires du pardon divin disparurent. L'esprit de l'Ancien Testament planait désormais, sans rival. Nombreux étaient les enfants qui recevaient, au baptême, des prénoms empruntés à l'ancienne

1. Qpp. Calv., XXVII, p. 266, sermon du 21 octobre 1555 sur le Deutéronome, xm, 12-18.

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