‹ Une ville-égliseChapitre 47 sur 121 · Charles Martin, op. cit., pp · texte numérisé non relu

Charles Martin, op. cit., pp

8. Roget, Étrennes genevoises, I, p. 143. — Colloquia scholastica, livre Y, coll. 18, pp.* 227-228 (éd. de Genève, 1807).

eîi Europe, grâce à Calvin, un petit rôle international que l'ancienne Genève n'avait jamais joué; « l'Église de Jésus-Christ » se haussait à certaines ambitions d'action politique, qui ressemblaient, de loin, à celles de l'Eglise romaine. En France, dès 1541, les manœuvres indirectes et lointaines dé Calvin avaient eu quelque part dans la disgrâce du Connétable de Montmorency; on voyait Calvin travailler, en 1549, à nouer une alliance entre la France et les cantons suisses protestants, et n'échouer qu'en raison de l'opposition de Berne, qui voulait demeurer la seule protectrice de Genève1; il devinait le parti qu'il pouvait tirer de la lutte des Valois contre la maison d'Autriche, et tâchait d'encercler par des alliances protestantes la politique de la France catholique; il recommandait Genève à Coligny ; il envoyait à Lyon soixante cavaliers, en 1562, pour y soutenir les réformés2. Il était une sorte de personnalité politique avec laquelle la politique paraissait compter : le Cardinal du Bellay, passant par Genève, y faisait saluer cet hérétique, qu'on n'avait pas trouvé dans son logis; le Cardinal de Ferrare, légat du Saint-Siège, s'entretenait avec Calvin, et même, s'il en faut croire celui-ci, lui déclarait qu'il le traiterait toujours comme

1. Voir l'étude de Léon Gautier dans les Cuntons suisses et Genève, pp. 99-128.

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