Roget, M. S. ff., XVII (1872), pp
un frère !. Mais le fondement de cette puissance internationale, c'était, encore et toujours, son prestige religieux, au nom duquel il conseillait les calvinistes des Pays-Bas ou de l'Ecosse, les souverains de l'Angleterre, ceux de la Navarre2, et qui amenait une partie de l'Europe à demander aux échos de Genève la pensée de Dieu. Et Genève, glorieuse, se considérait comme une merveille de Dieu, et l'ami de Calvin, Michel Roset, présentant au Conseil, en 1562, le manuscrit de ses chroniques, rappelait « que Moïse commandait aux enfants d'Israël de réciter et d'enseigner à leurs enfants les miracles de Dieu, » et que son livre était écrit « pour que les louanges dues à Dieu ne fussent ensevelies3 ». Au terme de ses élans d'humilité, Genève remerciait Dieu d'être Genève.
Dans le Collège et l'Académie, dont Genève fut et demeure en quelque mesure la fille intellectuelle, se dessina pleinement la personnalité religieuse de la ville, avec ses instincts d'ombrageuse défensive, avec ses élans d'offensif apostolat. Sorte de caserne pour le service de Dieu, Genève, toujours en armes, veillera sur
1. De Crue, V Action politique de Calvin hors de Genève, pp. 25, 31-32, 71.