Godet, p
Un drame, une pastorale, fêteront encore, en 1584, la visite des députés de Zurich; et puis, pendant un siècle et demi, Genève, l'ancienne ville de gaieté, sera privée de théâtre1.
Non moins sévère allait être son abstinence, en ce qui concerne les arts plastiques : ils étaient destinés au même ostracisme dont Fart dramatique était devenu l'objet. Ils faisaient l'effet d'un luxe; et puisque, dans les temples, la théologie nouvelle l'abolissait, ce luxe allait être traqué jusque dans les hôtels particuliers, par des mesures de police; une période de cent cinquante ans s'inaugurait, durant laquelle Genève, inhospitalière aux arts, irait parfois jusqu'à chasser de chez elle les peintres étrangers, Français ou Milanais, qui tenteraient d'acclimater leur talent sur cette terre momentanément ingrate 2.
Les libertés politiques allaient diminuant, tout comme la liberté de la vie privée; et des symptômes montraient qu'il n'était pas prudent de se plaindre. On restreignait pour le peuple les occasions de voter. Un édit de 1570 permettait au Gouvernement de se passer de l'assentiment du peuple pour établir des impôts nouveaux. Et quand, huit ans plus tard, un