De Crue, le Complot des fugitifs en 1563 {M. S. i/., XXj
pp. 385-428).
Bèze auraient eu moins d'aisance pour faire redouter Dieu. Bèze fut sans cesse servi par les ennemis de Genève, et fort bien servi.
Il y eut alarme, du haut en bas de cette colline-sanctuaire, lorsqu'au soir du 29 août 1572, des marchands venus de Lyon colportèrent « les nouvelles de la trahison et horrible cruauté faite en France contre plusieurs seigneurs et contre tous les fidèles, » au jour de Saint-Barthélémy et dans les journées qui avaient suivi. Dans Genève, l'impression fut atroce. Genève savait que depuis quelques mois, pour motifs politiques, la diplomatie du roi de France tâchait d'amener les cantons catholiques de Suisse à se liguer avec elle, en vue du prochain duel contre la Savoie; elle croyait approcher du terme de ses rêves, elle entrevoyait l'heure où, par la volonté du roi de France, elle deviendrait enfin l'alliée des Ligues suisses i. Et voilà qu'à Paris retentissait comme un coup de tonnerre le tocsin de Saint- Germain l'Auxerrois, qui signifiait aux coreligionnaires des Genevois un rapide arrêt de mort. Genève, sur l'ordre de ses pasteurs et de ses magistrats, s'humilia, pria, jeûna2. Elle écrivit à Berne, au Palatin du Rhin, au duc de Bavière. Des paniques se dessinèrent : les pa-