Agrippa d'Aubigké, op. cit., III, p
bien que Genève fût catholique, mais d'autant que cela rompt la paix publique 1 ».
L'Escalade eût-elle réussi, le Pape à coup sûr s'en fût réjoui2 ; il considérait les Genevois, d'après un rapport de quelques années antérieur, comme ayant cherché à faire empoisonner le Sacré Collège3; et les savoir châtiés ne lui eût certainement pas déplu. Mais la grande sollicitude de Clément VIII, c'était la paix de la chrétienté4; dans les négociations qui s'étaient déroulées à Vervins, et puis à Lyon, ses légats y avaient travaillé; c'est de cette pacification nécessaire qu'il entretenait les diplomates, envoyés de l'Espagne, ou bien envoyés de la Savoie, qui voulaient l'échauffer contre Genève ; et l'esprit du Pontife, dans les premiers mois de 1603, se laissait obséder par cette crainte que les événements de Genève n'amenassent une rupture entre les deux couronnes catholiques de France et de Savoie, et que la victoire des Genevois sur le duc de Savoie ne donnât à « ces mauvaises gens » l'espoir de semer la discorde entre les princes chrétiens5.
Rome cependant, aux yeux de l'opinion commune genevoise, passait pour responsable, et dès lors pour vaincue; il était décidément dans