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Ritte». />'. /. V., XXXIV (1897), pp

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sidère ma babylonique Genève calviniste : le sanctuaire est en dérision, la maison de Dieu en confusion. Je ne puis bonnement autre chose que pleurer sur ses ruines *. »

Les larmes que pleurent certains hommes n'affaissent point leur énergie : démarches diplomatiques, préparatifs militaires ne chômaient jamais complètement. Saint François de Sales, en 1616, présentait au prince de Piémont un gentilhomme bourguignon, qui, s'étant glissé dans Genève, en avait étudié les fortifications ; en 1620, il recommandait au même prince le porteur de certaines propositions relatives à Genève, auxquelles la cour de Rome, un an plus tard, essaya d'intéresser Louis XIII lui-même2. Genève croyait, d'une foi ferme, que Dieu avait besoin d'elle ; mais elle savait, non moins sûrement, qu'elle était en butte aux complots des hommes, ennemis de Dieu3. A travers tout le dix-septième siècle, cette double certitude obsède et mène les Genevois : c'est parce que Dieu protège Genève et que Genève doit protéger Dieu qu'Agrippa d'Aubigné, en 1620, se fait gloire de venir aider de ses conseils les in-

1. Saint François de Sales à Philippe de Quoex, 16 mai 1617 (Lettres, VI il, p. 8).

2. Saint François de Sales au prince de Piémont, 23 août 1616 et 25 juin 1620 {Lettres, VII, pp. 274-275 et IX, p, 259).

3. Sur le projet que fit un instant Richelieu, en 1631, d'annexer Genève d'accord avec ta Baypie, voir Pott, R(>v><

génieurs qui fortifient la ville1. Mue par le double sentiment de son importance et de sa débilité, Genève, sans honte, à travers le dixseptième siècle, se fera quêteuse auprès des divers États réformés pour l'entretien de ces remparts que protégeait Dieu. On verra l'un de ses plus robustes théologiens, François Turrettini, s'en aller en Hollande, en 1661, avec mission de rappeler que Rome haïssait Genève et que toutes les Eglises réformées se trouvaient intéressées au salut de cette ville ; il en rapportera 75.000 florins2. Le bastion de Hollande, le bastion de Hesse, s'ajouteront aux remparts comme de nouveaux ouvrages ; ils marqueront l'aide pécuniaire donnée par la Hollande, par la Hesse, à la cité de Dieu. En aucun moment du dix-septième siècle, Genève ne cessera de veiller.

Les années 1665, 1666, 1667 seront pour elle particulièrement émouvantes : les fêtes de canonisation de saint François de Sales ramèneront vers Genève les regards et les regrets de la Savoie, au moment même où la lutte entre l'Angleterre protestante et la Hollande protestante détournera d'elle l'attention du monde réformé. Se sentant menacée, elle convoquera

1. Heyer, ,1/. S. IL, XVII (1873), pp. 175-181. — Rociikblave, la Vie d'un héros : Agrippa d'Aubujné, pp. 215-235 (Paris, 1912).

2. Budé, Vie de François Turrettini, théologien genevois [i$23~ 1687), pp. 72-112 (Lausanne, 1871).

ses étudiants pour de nouvelles fortifications; elle installera des fanaux d'alarme, qui feront signe aux Bernois, riverains septentrionaux du lac1; elle prendra des précautions raffinées pour que ses fusils soient toujours bien chargés, et chargés dé la balle qui cotivient; on verra le Conseil, en 1667, commander un millier de balles de fotite, « vu que celles de plomb ne font aucun effet sur le corps de ceux qui sont charfriéSj dont oh dit qu'il y a bon nombre dans les troupes de Savoie2». Étaient-ee les théologiens ou bien les militaires qili avaient découvert (Jue la fonte valait mieux que le plomb pour abattre ces ensorcelés qu'embrigadaient les armées papistes ? L'histoire ne le dit pas. Mais la vigilante Genève; docile à de pareilles indications, maintenait toujours ses arirlements à la hauteur des nécessités, définies ainsi par des hommes de l'art, soldats de Dieii.

Ce n'était pas tout de s'armer; il fallait continuer, non point certes de mériter le salut de la ville, — car ce salut n'était qu'une grâce, —

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