Choisi, op. cit., p. 554 (lettre de Simon Simoni à Bèze
154 tîNE VILLEHÊGLÎSË î GENEVE
On n'avait pas laissé ce nom tranquille : on l'agitait au contraire, on le brandissait comme une arme. Peu à peu, dans l'enseignement réformé, la part que Calvin faisait au « cœur » s'était voilée !, mais les thèses intellectualistes de Calvin, passant par les lèvres de ses successeurs, se faisaient de plus en plus anguleuses, de plus en plus provocantes. Comme les soldats, sur les murailles, braquaient d'une lourde main les lourdes armes et voulaient que l'étalage même de ces armes fût une insulte pour l'ennemi, ainsi les théologiens braquaient-ils leurs syllogismes avec des mines hostiles.
Dieu, tout en haut; et puis, découlant de son essence, deux attributs : sa miséricorde et sa justice; et puis, comme conséquence et comme révélation de sa miséricorde, la prédestination d'un certain nombre d'hommes au ciel; et comme conséquence et comme révélation de sa justice, la prédestination de tous les autres à l'enfer; et comme conséquence et comme révélation de sa souveraineté, la prépondérance, dans ses conseils, soit de sa miséricorde, soit de sa justice2. Tout cela se déroulait, désormais, avec une logique cruelle, qui faisait servir à la
22 septembre 1567). Sur Simon Simoni, voir Borgeald, I, pp. 94-100.