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158 UNE VILLE-ÉGLISE î GENÈVE
formulaire fut rédigé, en 1647, par lequel les candidats au pastorat devaient promettre d'enseigner d'après le Synode de Dordrecht et de repousser la doctrine de l'universalité de la grâce; puis des thèses furent alignées, en 1649, que signèrent, au nom de la Compagnie des pasteurs, son modérateur et son secrétaire, et qui précisaient avec une inflexible affectation d'exactitude la capricieuse rigueur du Très- Haut pour les pauvres humains1. En ce dix-septième siècle où Rome permettait aux thomistes et aux molinistes de garder, les uns et les autres, leurs opinions au sujet de la grâce, la Rome protestante, au contraire, par une contradiction singulière avec les principes mêmes du protestantisme, risquait de paralyser, par suspicion, par goût de l'uniformité, la liberté féconde du travail théologique.
Théodore Tronchin, gendre de Théodore de Bèze, avait, par raideur d'esprit et scrupule de foi, dressé des murailles de plus en plus hautes autour de l'héritage dogmatique qu'il avait reçu de son beau-père; il le transmettait à son fils Louis Tronchin comme une tradition sacrée. Mais il se trouvait que Louis Tronchin, intelligence cultivée, conscience amène et large, voulait, en protestant logique, penser par luimême, et n'admettait pas, au dire de Bayle,