Heyer, p. 43. Texte dans Gaberel, III, p. 121, n
qu'un tel ou un tel, une académie, une université, pût l'amener à condamner quelque idée, s'il la trouvait juste. Louis Tronchin n'était pas un maréchal d'orthodoxie, mais un homme de libre examen. « Cesont des pédanteries, disaitil vingt ans plus tard à propos des règlements de 1647 et 1649 : suivre le sentiment de nos pères, ce sont là maximes papistiques et antichrétiennes; si on avait toujours agi de la sorte, on n'aurait jamais eu de réformation *. » Encore tout imbue de l'esprit de Théodore, la Compagnie des pasteurs s'émut et délibéra : elle décida que sur l'heure tous ses membres devaient signer et la formule de 1647 et celle de 1649. Et Louis Tronchin signa, ses amis aussi, mais en s'abstenant d'ajouter à la signature les mots: « Sic sentio, tel est mon avis. » I!s promettaient du moins, par ce genre d'apostille, de ne rien enseigner qui fut contraire aux dogmes les plus absolus de la prédestination. L'attitude de certains théologiens — l'helléniste Alexandre Morus, par exemple2, — à l'égard de Dordrecht et des formulaires rappelait étrangement celle des jansénistes à l'endroit de Rome. Mais si adroit qu'on fût à s'en évader, ces formulaires devenaient une lisière. Les magistrats de Genève, « s'érigeant en juges d'une question de
1. Borgeaud, I, pp. 360-361. Voir Bayle, Nouvelles Lettres, I, p. 27 (La Haye, 1739).